Monday, May 24, 2010

MONSANTO A L'ASSAUT DE L'AFRIQUE...


OGM: main basse sur le coton africain

Par Guy Gweth

19 mars 2010

Après l’aide humanitaire d’urgence pour faire accepter le blé, le riz et le maïs transgéniques, l’objectif de croissance à deux chiffres est la nouvelle arme de persuasion employée par l’industrie agroalimentaire pour pousser les décideurs et cotonculteurs africains à adopter les OGM. A tout prix.

Créée en 2002, l’association cotonnière africaine (ACA) a tenu son 8ème congrès annuel du 11 au 13 mars 2010 à Yaoundé, Cameroun, sur le thème du « coton africain face à ses défis ». Parmi les principaux points à l’ordre du jour, l’introduction des organismes génétiquement modifiés (OGM) dans plusieurs pays africains. En raison de sa qualité, l’or blanc constitue l’un des rares secteurs où l’Afrique demeure compétitive.[1]

Objectif : augmenter la production africaine de 30%

Le ton a été donné avant l’ouverture du congrès par Iya Mouhamed, patron de la société camerounaise de coton : « Nous devons passer des exploitations familiales aux grandes surfaces et, avec l’introduction éventuelle des biotechnologies, la production des pays membres de l’ACA pourrait augmenter de 30%. »[2] Ainsi qu’on pouvait le lire dans l’édition du 11 mars 2010 du quotidien camerounais Mutations, l’introduction de semences GM est perçue localement comme «l’avenir de la culture du coton en Afrique […] tant les partenaires multilatéraux viennent de saluer les bons résultats enregistrés par le Burkina Faso notamment… »[3]

L’étude publiée en janvier 2008 par l’ONG Les Amis de la terre est pourtant sans appel : « les cultures GM n’apportent aucun bénéfice écologique, social ni économique. »[4] Le cas si couramment cité du Burkina Faso[5] ne suffit pas, loin s’en faut, à répondre aux préoccupations liées aux risques de contagion des cultures biologiques, à l’envolée des prix des semences (après les offres promotionnelles de départ), aux risques de résistance (à long terme) aux nuisances diverses, encore moins aux conditions météorologiques (le coton Bt étant moins efficace en période de sécheresse comme nous le verrons, plus loin, dans le cas de l’Inde).

Dans leur stratégie de conquête des marchés émergents [6], Monsanto et Cie communiquent à bon droit sur la réduction des coûts de production et la simplification du travail, la résistance aux insectes permettant des économies d’insecticides grâce à l’incorporation d’un gène de Bacillus thuringiensis (Bt), une bactérie insecticide. Mais même aux États-Unis où les rendements moyens de maïs par exemple ont crû de 28% entre 1991-1995 et 2004-2008, des chercheurs de l’Union of Concerned Scientists estiment que « seuls 3 à 4% de ce gain est imputable aux semences de maïs transgénique, l’essentiel de cette hausse étant attribuable à d’autres facteurs (progrès de la sélection variétale classique, conduite des cultures…). »[7]

Les armes de persuasion viennent à bout des convictions

Depuis le milieu des années 90, l’offensive de l’industrie agroalimentaire américaine en Afrique[8] donne des résultats « plutôt satisfaisants », malgré la présence de quelques poches de résistance du reste provisoires (à l’instar du Mali[9]. Sur le terrain, les ONG de « développement » ou des associations agissant sous le label humanitaire collectent toute sorte d’informations utiles à leurs bailleurs de fonds et, grâce aux bulletins de veille et d’analyse, les producteurs d’OGM déploient des missions de lobbying[10] pour vendre « des plans de sauvetage de la filière agricole » aux dirigeants des pays sinistrés ou menacés de le devenir.

Dans les 26 États membres (actifs) de l’association cotonnière africaine où plus de 50% de la population vit généralement avec moins de 2 dollars US/jour, le lobbying intensif et les armes de persuasion douce que sont les voyages d’études, les sessions de formation tous frais payés et « les cadeaux »[11] viennent facilement à bout des convictions de la plupart des décideurs et des leaders de la société civile. On peut dès lors comprendre avec quelle aisance et quelle assurance l’industrie agroalimentaire pro-OGM fait main basse sur le coton africain, malgré la résistance essentiellement psychologique des groupements de petits paysans.

D’après Christophe Noisette d’Info’GM, une association de veille sur les OGM, « les centres de recherche agronomique de plusieurs pays d’Afrique sont aujourd’hui dotés de programmes de production de plantes génétiquement modifiées (PGM). Le développement de ces programmes demande d’importants financements qui sont obtenus à travers des collaborations avec des firmes privées productrices de PGM comme Monsanto, Syngenta, Bayer, Dupont, et avec des universités et des centres de recherches des pays industriels »[12] ainsi que des fondations très réputées. Les importants dons de la fondation Bill & Melinda Gates en 2008 et 2009 en faveur du développement de l’agriculture[13] en Afrique participent de cette dynamique.

« S’il vous plaît, dites au monde ce qui se passe ici. »

Dans un article bouleversant publié dans Global Research[14] le 6 novembre 2008, Andrew Malone relate sa rencontre avec les proches de Shankara Mandaukar, un cultivateur indien qui a choisi de mettre fin à ses jours, parce qu’incapable de rembourser les 1500 euros de dettes contractés pour acheter des semences OGM. « Les semences de coton GM, garanties protégées contre les parasites se sont révélées ne pas être les semences magiques promises, mais ont été infestées par le vers de la capsule, un parasite vorace », rapporte Malone.

De plus, ni les autorités locales, ni les experts en marketing des firmes agroalimentaires n’avaient prévenu les paysans que ces variétés nécessitaient deux fois plus d’eau. Avec l’absence de pluie au cours des vingt derniers mois, les plantes GM ont évidemment séché et sont mortes.

Les fonds investis dans l’achat des OGM ayant été empruntés auprès d’usuriers locaux, des centaines de milliers de petits paysans se sont retrouvés sur la paille lorsqu’à leur grande surprise, les récoltes sont apparues catastrophiques. Il faut bien comprendre que grâce à la technologie « Terminator » intégrée dans les semences GM, les paysans doivent acheter de nouvelles semences chaque année, ce qui les change fondamentalement de leurs traditions séculaires où, même lorsque les récoltes étaient mauvaises, ils pouvaient malgré tout conserver les meilleures graines pour les utiliser la saison suivante.

Depuis, loin des grands médias et des commissions d’enquêtes internationales, un millier d’agriculteurs indiens sont contraints au suicide chaque mois par ce qu’on appelle là-bas « Génocide OGM ». D’après un villageois interrogé par Andrew Malone, ce sont ces semences magiques qui ont étranglé Shankara Mandaukar. « Ils nous vendent ces semences en nous disant qu’elles n’ont plus besoin de pesticides coûteux, dit le villageois, mais ce n’est pas vrai. Nous devons acheter les mêmes semences aux mêmes compagnies chaque année. Ça nous tue. S’il vous plait, dites au monde ce qui se passe ici. »

Pour des raisons évidentes, ni les lobbyistes des grandes firmes, ni les experts en biotechnologie invités au 8ème congrès de l’ACA, à Yaoundé, n’ont pas cru devoir transmettre ce terrible message aux paysans africains.

La perspective d’une guerre bactériologique n’est jamais loin.

Au plan militaire, la perspective d’une guerre bactériologique[15] n’est jamais très loin. Comme le fait remarquer Hervé Kempf, « les OGM agricoles présentent certains points communs avec les agents bactériologiques militaires : ainsi la bactérie Bacillus thuringiensis, qui est un des outils les plus utilisés par les firmes de biotechnologie végétale, est un cousin très proche de Bacillus anthracis, l’agent de la maladie du charbon, dont il constitue un très bon modèle. »[16] D’ailleurs, « des armes tournées vers la production agricole seraient beaucoup plus efficaces », confirme Dr David Sourdive, ancien de l’Institut Pasteur, du ministère français de la défense, et cofondateur en 2000 de Cellectis, une entreprise de biotechnologie spécialisée dans l’ingénierie du génome.

Les travaux sur les maladies agricoles constituaient déjà un des principaux pôles de recherche d’armes biologiques durant la guerre froide, aussi bien dans l’ex-URSS qu’aux États-Unis comme l’ont montré Miller, Engelberg et Broad dans une enquête consacrée à la guerre bactériologique. Les trois journalistes du New York Times concluent que « le danger des attaques biologiques est beaucoup trop réel pour être ignoré! »[17] Cette menace est d’autant plus exacerbée dans une Afrique dont la bombe démographique inquiète les pays riches et où les systèmes de veille sanitaire et agroalimentaire, lorsqu’ils existent, sont relativement poreux, plusieurs États membres de l’ACA ayant fait faillite, malgré la rhétorique officielle.

Pour l’astrophysicien britannique Stephen Hawking,[18] « si le 11 septembre a été quelque chose d’horrible, il n’a pas menacé la survie de l’espèce humaine, comme le font les armes nucléaires […] Les armes nucléaires nécessitent de grandes usines, alors qu’on peut faire des manipulations génétiques dans un petit laboratoire. Le danger est que, par accident ou volontairement, nous créions un virus qui nous détruira. »[19] Il n’est pas exclu que la pratique des tests non contrôlés[20] déjà observée chez certains de laboratoires étrangers en Afrique soient importée dans l’agroalimentaire, avec des conséquences encore inimaginables.

En l’état actuel des choses -et nous fondant sur les données issues du terrain- nous sommes en mesure d’affirmer que pour l’Afrique, la question n’est plus de savoir comment résister aux OGM (cette bataille est perdue), encore moins de diaboliser Monsanto et Cie (95% des participants au 8ème congrès de l’ACA au Cameroun sont conscients, depuis les subventions européennes et étatsuniennes à leurs agriculteurs, que la guerre économique a ses lois). La vraie question est de savoir avec quels renseignements et quelles armes juridiques les États africains vont pouvoir tirer profit de la phagocytose des OGM et l’encadrer afin d’éviter d’en être victimes.

Les enjeux stratégiques de l’ogémisation de l’agriculture africaine posent donc un des plus sérieux problèmes d’intelligence économique et juridique auxquels l’Afrique ait été confrontée depuis la « fin » de la colonisation.

http://gwethguy.wordpress.com/2010/03/19/ogm-main-basse-sur-le-coton-africain/

Notes :

[1] Tom Amadou Seck, Bataille pour la survie du coton africain, Le monde diplomatique, décembre 2005, P. 6 & 7.
[2] Cf. Jeanine Fankam, « Conclave à Yaoundé autour du coton africain », Cameroon Tribune, 12 mars 2010.
[3] Lire Léger Ntiga, « Regard : au nom de la relance », Mutations, 11 mars 2010.
[4] Les Amis de la Terre, résumé du rapport « Qui tire profit des cultures GM, l’usage accru des pesticides ? », janvier 2008, page 4.
[5] Premier producteur de coton en Afrique, le Burkina Faso a officiellement autorisé les premières expérimentations de coton GM (FK37 et FK290) en 2003, bien avant la mise en place d’un cadre législatif.
[6] Antoine de Ravignan, « OGM : comment ils conquièrent le monde », Alternatives internationales, n°043, Juin 2009.
[7] Lire: Failure to Yield. Evaluating the Performance of Genetically Engineered Crops, UCS, 2009.
[8] Falila Gbadamassi, « OGM : l’offensive américaine en Afrique. Les Etats-Unis courtisent les Africains à Ouagadougou », afrik.com, 23 juin 2004.
[9] Roger Gaillard, « Au Mali, les producteurs de coton disent ‘non’ », Le Monde diplomatique, avril 2006, P. 20 & 21.
[10] Lire : Guy Gweth, « Le lobbying coûte cher aux Etats africains », Les Afriques n°111 : du 11-17 mars 2010, P. 9.
[11] Yves Hardi, « Burkina Faso : le coton Monsanto emballe les paysans », Alternatives internationales n°43, Juin 2009.
[12] Lire Véronique Smée, « l’Afrique s’ouvre aux OGM », novethic.fr, Article mis en ligne le 27 juin 2006.
[13] Un don de 5,4 millions de dollars a été alloué au Donald Danforth Plant Science Center (Etats-Unis) en janvier 2009 par la fondation Bill & Melinda Gates pour « lutter contre la famine » par l’introduction de cultures génétiquement modifiées enrichies d’éléments nutritifs. Ce financement couvrait également les actions de lobbying destinées à convaincre les gouvernements africains d’accepter des essais en champ de plants de banane, riz, sorgho et manioc transgéniques enrichis de vitamines, de minéraux et de protéines.
[14] Andrew Malone, “The GM genocide: Thousands of Indian farmers are committing suicide after genetically modified crops”, Global Research, 6 novembre 2008.
[15] Lire Judith Miller, Stephen Engelberg and William J. Broad, “U.S. Germ Warfare Research Pushes Treaty Limits”, New York Time, 4 septembre 2001.
[16] Hervé Kempf, « Les OGM, ça sert aussi à faire la guerre », Le Grand Soir, 16 avril 2008.
[17] Germs: Biological Weapons and America’s Secret War, Simon & Schuster, 1ère édition, Octobre 2001, 384 p.
[18] Stephen Hawking est co-auteur, avec Isabelle Nadeo-Souriau, d’«Une brève histoire du temps. Du Big Bang aux trous noirs » chez European Schollbooks, Coll. J’ai lu, Juillet 2000, 228 p. Cet ouvrage qui expose les dernières découvertes astrophysiques sur la nature de notre planète a été vendu à 10 millions d’exemplaires.
[19] Roger Highfield, “Colonies in space may be only hope, says Hawking”, Daily Telegraph, 16 Octobre 2001.
[20] Voir « Ce que les laboratoires ne disent pas », Reportage diffusé sur France 2, le 17 janvier 2005, qui soulève de nombreuses interrogations autour des essais d’anti-rétroviraux dans la capitale économique du Cameroun.

Monday, May 17, 2010

THE NEW WORLD ORDER or VOLUNTARY SERVITUDE...?


The tiny minority amongst the human populace who have awaken to the fact that they have been enslaved by those who call themselves the "illuminati" are entirely blaming the latter for their own enslavement. However, what the human populace conveniently fails to understand, is that without their voluntary cooperation, the "illuminati" - or any one else for that matter - could not enslave them.

As Martin Luther King rightly stated:

" No man can ride your back unless it is bent"

In fact, it is people - individually and collectively – who ignorantly and willingly support their masters and literally pay for their own oppression and enslavement through their VOLUNTARY SERVITUDE. Thus, people - individually and collectively - are directly responsible for their own enslavement.

A true Human Being is - by essence - a Conscious Being who cannot be enslaved. Moreover, in my view, anyone who obeys to anyone else than to Himself, is a slave in the real sense of the word. If that is a valid definition of slavery, than we must conclude that the overwhelming majority of the human populace are indeed slaves who falsely believe to be free.

As Goethe rightly stated:

" None are more hopelessly enslaved than those who falsely believe to be free."

Observing the imbecility of the human populace, I wonder and continuously ask myself who is more responsible for the enslavement of humanity: the tiny minority of those who call themselves the "illuminated ones", or the the mass of the human populace who have allowed themselves to be enslaved through their own imbecility and voluntary servitude?

Etienne de la Boetie brilliantly answers this question in his essay – Discourse on Voluntary Servitude - written over 500 years ago, at the age of 18! Etienne de la Boetie is - in my opinion - the perfect example of a Human Being in its true essence and in the real sense of the word.

Below are excerpts from the Discourse on Voluntary Servitude which, although written more than 500 years ago, tragically seems to describe our own epoch…:

Doctors are no doubt correct in warning us not to touch incurable wounds; and I am presumably taking chances in preaching as I do to a people which has long lost all sensitivity and, no longer conscious of its infirmity, is plainly suffering from mortal illness. Let us therefore understand by logic, if we can, how it happens that this obstinate willingness to submit has become so deeply rooted in a nation that the very love of liberty now seems no longer natural.

FOR THE PRESENT I should like merely to understand how it happens that so many men, so many villages, so many cities, so many nations, sometimes suffer under a single tyrant who has no other power than the power they give him; who is able to harm them only to the extent to which they have the willingness to bear with him; who could do them absolutely no injury unless they preferred to put up with him rather than contradict him. Surely a striking situation!

Yet it is so common that one must grieve the more and wonder the less at the spectacle of a million men serving in wretchedness, their necks under the yoke, not constrained by a greater multitude than they, but simply, it would seem, delighted and charmed by the name of one man alone whose power they need not fear, for he is evidently the one person whose qualities they cannot admire because of his inhumanity and brutality toward them. A weakness characteristic of human kind is that we often have to obey force; we have to make concessions; we ourselves cannot always be the stronger.

But O good Lord! What strange phenomenon is this? What name shall we give it? What is the nature of this misfortune? What vice is it, or, rather, what degradation? To see an endless multitude of people not merely obeying, but driven to servility? Not ruled, but tyrannized over? These wretches have no wealth, no kin, nor wife nor children, not even life itself that they can call their own. They suffer plundering, wantonness, cruelty, not from an army, not from a barbarian horde, on account of whom they must shed their blood and sacrifice their lives, but from a single man; not from a Hercules nor from a Samson, but from a single little man. Too frequently this same little man is the most cowardly and effeminate in the nation, a stranger to the powder of battle and hesitant on the sands of the tournament; not only without energy to direct men by force, but with hardly enough virility to bed with a common woman!

Shall we call subjection to such a leader cowardice? Shall we say that those who serve him are cowardly and faint-hearted? If two, if three, if four, do not defend themselves from the one, we might call that circumstance surprising but nevertheless conceivable. In such a case one might be justified in suspecting a lack of courage.

But if a hundred, if a thousand endure the caprice of a single man, should we not rather say that they lack not the courage but the desire to rise against him, and that such an attitude indicates indifference rather than cowardice? When not a hundred, not a thousand men, but a hundred provinces, a thousand cities, a million men, refuse to assail a single man from whom the kindest treatment received is the infliction of serfdom and slavery, what shall we call that? Is it cowardice?

Of course there is in every vice inevitably some limit beyond which one cannot go. Two, possibly ten, may fear one; but when a thousand, a million men, a thousand cities, fail to protect themselves against the domination of one man, this cannot be called cowardly, for cowardice does not sink to such a depth, any more than valor can be termed the effort of one individual to scale a fortress, to attack an army, or to conquer a kingdom. What monstrous vice, then, is this which does not even deserve to be called cowardice, a vice for which no term can be found vile enough, which nature herself disavows and our tongues refuse to name?

It amazes us to hear accounts of the valor that liberty arouses in the hearts of those who defend it; but who could believe reports of what goes on every day among the inhabitants of some countries, who could really believe that one man alone may mistreat a hundred thousand and deprive them of their liberty? Who would credit such a report if he merely heard it, without being present to witness the event? And if this condition occurred only in distant lands and were reported to us, which one among us would not assume the tale to be imagined or invented, and not really true?

Obviously there is no need of fighting to overcome this single tyrant, for he is automatically defeated if the country refuses consent to its own enslavement: it is not necessary to deprive him of anything, but simply to give him nothing; there is no need that the country make an effort to do anything for itself provided it does nothing against itself. It is therefore the inhabitants themselves who permit, or, rather, bring about, their own subjection, since by ceasing to submit they would put an end to their servitude.

Everyone knows that the fire from a little spark will increase and blaze ever higher as long as it finds wood to burn; yet without being quenched by water, but merely by finding no more fuel to feed on, it consumes itself, dies down, and is no longer a flame. Similarly, the more tyrants pillage, the more they crave, the more they ruin and destroy; the more one yields to them, and obeys them, by that much do they become mightier and more formidable, the readier to annihilate and destroy. But if not one thing is yielded to them, if, without any violence they are simply not obeyed, they become naked and undone and as nothing, just as, when the root receives no nourishment, the branch withers and dies.

I do not know how it happens that nature fails to place within the hearts of men a burning desire for liberty, a blessing so great and so desirable that when it is lost all evils follow thereafter, and even the blessings that remain lose taste and savor because of their corruption by servitude. Liberty is the only joy upon which men do not seem to insist; for surely if they really wanted it they would receive it. Apparently they refuse this wonderful privilege because it is so easily acquired.

Poor, wretched, and stupid peoples, nations determined on your own misfortune and blind to your own good! You let yourselves be deprived before your own eyes of the best part of your revenues; your fields are plundered, your homes robbed, your family heirlooms taken away. You live in such a way that you cannot claim a single thing as your own; and it would seem that you consider yourselves lucky to be loaned your property, your families, and your very lives.

All this havoc, this misfortune, this ruin, descends upon you not from alien foes, but from the one enemy whom you yourselves render as powerful as he is, for whom you go bravely to war, for whose greatness you do not refuse to offer your own bodies unto death. He who thus domineers over you has only two eyes, only two hands, only one body, no more than is possessed by the least man among the infinite numbers dwelling in your cities; he has indeed nothing more than the power that you confer upon him to destroy you. Where has he acquired enough eyes to spy upon you, if you do not provide them yourselves? How can he have so many arms to beat you with, if he does not borrow them from you? The feet that trample down your cities, where does he get them if they are not your own? How does he have any power over you except through you? How would he dare assail you if he had no cooperation from you? What could he do to you if you yourselves did not connive with the thief who plunders you, if you were not accomplices of the murderer who kills you, if you were not traitors to yourselves?

You sow your crops in order that he may ravage them, you install and furnish your homes to give him goods to pillage; you rear your daughters that he may gratify his lust; you bring up your children in order that he may confer upon them the greatest privilege he knows---to be led into his battles, to be delivered to butchery, to be made the servants of his greed and the instruments of his vengeance; you yield your bodies unto hard labor in order that he may indulge in his delights and wallow in his filthy pleasures; you weaken yourselves in order to make him the stronger and the mightier to hold you in check.

From all these indignities, such as the very beasts of the field would not endure, you can deliver yourselves if you try, not by taking action, but merely by willing to be free. Resolve to serve no more, and you are at once freed. I do not ask that you place hands upon the tyrant to topple him over, but simply that you support him no longer; then you will behold him, like a great Colossus whose pedestal has been pulled away, fall of his own weight and break into pieces?

The complete discourse can be read freely over the internet.

I strongly encourage all true Human Beings who wish to live as free Men to read this literary masterpiece, and free themselves from the NWO agenda of the illuminati for the global enslavement of humanity, unless of course you are more interested in watching your favorite tv shows, soap operas, sport events, etc...
If that is the case, than you truly deserve what is coming your way...

Wednesday, May 12, 2010

FRANCOIS TRAORE FAIT LA PROMOTION DU COTON BT DE MONSANTO...



Cliquer sur le titre du blog ci-dessus ou sur le lien ci-dessous pour voir la vidéo

http://www.dailymotion.com/video/xb2103_frenchv-gm-cotton-a-thread-of-hope_tech

Sur le terrain toutefois, les cotonculteurs ne semblent pas partager l'avis et l'enthousiasme de leur (soit-disant) représentant sur les vertues miraculeuses du coton bt de Monsanto: ci-dessus, un article sur l'expérience vécue des cotonculteurs du Burkina Faso avec le coton Bt aux vertues miraculeuses de Monsanto...

Le Coton Bt de Monsanto détruit la terre et les agriculteurs

En Inde : Monsanto avoue l’échec de son coton Bt

Au Burkina : Le Gouvernement et la SOFITEX s'entêtent !


Pour entraîner les producteurs de coton burkinabè à se tourner vers le Coton Bt de Monsanto, on vanté, sans nuances, les mérites de son coton OGM. A tel point que beaucoup de producteurs s'attendaient à une plante miracle. Aujourd'hui, ils déchantent.

« L'euphorie aura été de courte durée... nettement en dessous de leur espérance. Abdou Nignan, le président de l'Union provinciale des producteurs de la Sissili, se dit très déçu. En effet, si en 2008, il avait fait un rendement de 1 200 kg à l'hectare, il s'est retrouvé à la dernière récolte avec moins d'une tonne. (Cf. Sidwaya n° 6648 : « Des semences qui sèment le doute »)

« Idrissa Kaboré du Nayala entend jeter l'éponge dans les années avenir. Il ne supporte plus d'être balloté de gauche à droite chaque année. A cause du mauvais démarrage de la pluie, il a été contraint de refaire les semis alors que le prix de la semence est très élevé » (27 000 F les 10 kg pour le coton Bt, contre 1 000 F les 50 kg pour le coton conventionnel; la semence de coton Bt est donc 135 fois plus chère !) « Par ailleurs, des mouches sont venues détruire les capsules de son coton Bt, alors que selon son entendement, le Bt était censé résoudre ces questions. » (cf. Sidwaya n° 6648 : même article).

A cela s'ajoutent les nouvelles en provenance de l'Inde. « Grande première en Inde : Monsanto avoue l'échec de son coton Bt. »

Le coton Bt Bollgard I a été autorisé en 2002 et est cultivé dans neuf Etats indiens. Après huit années de commercialisation, Monsanto annonce avoir détecté une déficience pour ce coton Bt : des vers roses de la capsule du coton sont devenus résistants à la toxine produite par ce coton Bt.

La résistance a été découverte suite à des essais en champs conduits par Monsanto dans quatre comtés (Amreli, Bhavnagar, Junagarh et Rajkot) de l’Etat du Gujarat en 2009, essais réalisés afin d’évaluer l’efficacité de ce coton Bollgard I.
Pour l’entreprise, la résistance au coton Bollgard I est « naturelle et même attendue ». Non pas que ce coton soit intrinsèquement mauvais, mais, selon Monsanto, à cause des agriculteurs indiens qui n’auraient pas respecté les zones refuges requises pour ce type de culture.

Cette résistance est naturelle et attendue ! Oui, mais à ma connaissance, c'est la première fois que Monsanto en parle ouvertement. Et ici, au Burkina, je n'ai jamais entendu la Sofitex ou le gouvernement en parler. Quant aux zones refuges qui n'ont pas été respectées, cela aussi était prévisible et attendu. Les petits producteurs burkinabè ne feront pas mieux ! Seuls de grands propriétaires terriens peuvent les respecter.

Mais face à cet « échec » du coton Bollgard I, Monsanto rappelle disposer d’ores et déjà du coton Bollgard II, « plus efficace », précise-t-elle. Et c’est dans cette volonté de commercialiser en priorité ce coton Bollgard II que se trouve la véritable motivation de Monsanto à reconnaître publiquement le défaut de son premier coton, selon Devinder Sharma, du Forum sur les Biotechnologies et la sécurité Alimentaire. Le Bollgard II, commercialisé depuis 2006 en Inde, contient deux protéines toxiques et non plus une seule.

Seulement sa semence est 2 à 3 fois plus chère !

A ma connaissance, au Burkina, nous en sommes toujours au Bollgard I. Je n'ai pas encore entendu la Sofitex (Société burkinabè des fibres textiles) ni le gouvernement mettre en garde les paysans burkinabè. A qui a-t-on dit que la résistance au coton OGM est naturelle et attendue? Quel paysan burkinabè est prêt à payer un sac de 50 kg de semence Bollgard II 300 000 F (voire plus de 500 000 F si on applique le prix de Monsanto, en Inde, pour cette semence de coton).

Ce n'est pas tout. L'étude la plus pertinente, celle qui manquait encore, porte sur l'impact de la culture du coton Bt sur le sol. Aujourd'hui, cette étude existe. Elle mérite une large diffusion. « Une récente étude scientifique réalisée par Navdanya a comparé la terre des champs où du coton Bt a été planté pendant 3 ans avec celle des champs adjacents. Résultat : une dégradation très importante des sols.

Il s'agit de la première étude à avoir examiné l'impact à long terme du coton Bt sur les organismes du sol. En 3 ans, le coton Bt a réduit la population de microorganismes du sol de façon très importante. À ce rythme, une dizaine d'années de culture de coton OGM Bt pourrait entraîner la destruction totale des organismes du sol, laissant la terre morte, incapables de produire la nourriture. »

Il y a quelques années, nous avions demandé un moratoire de 5 ans avant d'introduire la culture du coton OGM. Aujourd'hui, le doute n'est plus permis. Il faut interdire la culture du Coton Bt de Monsanto au Burkina (comme la fait le gouvernement d'Andhra Pradesh, un état du sud de l'Inde), et dans toute la CEDEAO.

Koudougou, le 17 avril 2010
Maurice Oudet
Président du SEDELAN

source de l'article: www.abcburkina.net

Tuesday, May 11, 2010

OXFAM A LA SOLDE DE MONSANTO ET DU LOBBY OGM...


Lettre ouverte à Oxfam America relative à son soutien déclaré aux OGM

Une trentaine d’organisations engagées dans un mouvement global pour l'agriculture, l'environnement, et la justice sociale ont entrepris d’interpeller Oxfam America, quant à sa prise de position en faveur des biotechnologies, «présentées comme une solution viable pour lutter contre la pauvreté dans les pays en développement». Ceci sur la base d’un livre récemment publié sur le coton Bt, mais aussi du fait qu’«Oxfam America semble vouloir offrir ses bons offices comme facilitateur de recherches indépendantes sur le coton Bt en Afrique de l'Ouest».

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Chers messieurs Hobbs et Offenheiser

Membres du mouvement pour la justice économique et la souveraineté alimentaire, nous vous écrivons pour vous exprimer notre vive préoccupation quant à la récente prise de position publiée par Oxfam America en faveur des biotechnologies, présentées comme une solution viable pour lutter contre la pauvreté dans les pays en développement.

Nous avons jugé nécessaire de vous écrire non seulement en raison d'un livre récemment publié, mais aussi parce que Oxfam America semble vouloir offrir ses bons offices comme facilitateur de recherches indépendantes sur le coton Bt en Afrique de l'Ouest, avec le soutien de la Fondation Gates.

Récemment publié, « Biotechnology and Agricultural Development: Transgenic Cotton, Rural Institutions and Resource-Poor Farmers », présente les résultats d'un projet d'Oxfam-America financé par la Fondation Rockefeller. Le livre, édité par Robert Tripp, évalue les impacts socio-économiques du coton génétiquement modifié sur les petits agriculteurs en Inde, Chine, Colombie et Afrique du Sud. Bien que le livre affirme sa neutralité sur les biotechnologies, il nous apparaît très biaisé en faveur des cultures transgéniques. Sa conclusion «les cultures transgéniques offrent d'énormes possibilités», n’est pas seulement en contradiction avec plusieurs grandes évaluations menées par l'Évaluation internationale de l'Agriculture, de la science, la technologie et du développement (IAASTD) et l'Organisation des Nations Unies pour le développement (PNUD), elle ignore aussi une importante littérature scientifique sur le sujet.

En tant que collègues qui partageons les principes de la mission d'Oxfam d’«influencer les puissants pour assurer que les pauvres puissent améliorer leurs conditions de vie», nous sommes profondément troublés que l'étude et ses conclusions scientifiquement discutables (au mieux), soutiennent à tort des pratiques qui entravent plutôt qu’elles contribuent à la lutte contre la faim et la pauvreté et pour la justice sociale. La publication trahit le dynamique mouvement mondial qui défend une agriculture écologiquement durable et socialement juste, libre de tout contrôle des multinationales agro-alimentaires.

Après examen, cette publication nous paraît problématique pour les raisons suivantes, que nous avons élaborées sur cette lettre :
- Elle prétend faussement être neutre, alors qu’elle approuve les cultures génétiquement modifiées.
- Elle est incomplète et fait un usage sélectif des informations disponibles pour arriver à une conclusion favorable aux OGMs.
-Elle met l'accent sur les cultures GM comme une solution pour aider les pauvres et les petits agriculteurs a sortir de la pauvreté.

Approbation déguisée des biotechnologies

Le livre prétend avoir une position neutre sur le coton Bt et que l'étude se «place en dehors du débat polarisé. » L'auteur affirme avec force que «son focus étroit ne permet pas de juger que les cultures transgéniques soient bonnes ou mauvaises, appropriées ou inappropriées. » Pourtant, les avantages du coton Bt sont omniprésents tout au long du livre.

Par exemple: «Le coton transgénique produisant des toxines insecticides est une technologie très efficace dans la bataille pour le contrôle des dégâts dus aux ravageurs du coton», et «La technologie s'est avérée généralement efficace à fournir une protection supplémentaire contre plusieurs importants ravageurs du coton. »

Chaque chapitre présente des affirmations peu étayées, telle que celle pour l'étude de cas sur la Chine : « Le coton Bt a apporté une contribution significative à la production de coton chinois... La nouvelle technologie fournit une protection efficace contre les insectes et a permis aux agriculteurs d'accroître leur productivité. » Selon le livre, en Afrique du Sud, «La recherche a montré clairement que la technologie du coton Bt fonctionne. » Les auteurs concluent qu’en Inde « les hybrides Bt contribuent à la productivité du coton. » Même si le chapitre sur la Colombie adopte une approche plus mesurée en rapportant : «Il n'est pas possible d'attribuer la totalité des gains de productivité des producteurs de Bt à la technologie transgénique, mais il semble bien qu'elle a apporté une contribution positive à ceux qui ont été capables de l'utiliser. »

Aucune de ces réponses ne peut être considérée comme neutre. En outre, en lieu de neutralité, le peu de données prises en compte sur une question pourtant très documentée indique un parti pris évident.

Recherche incomplète utilisant les données de manière sélective

Le livre omet des données empiriques essentielles et des analyses qui, si elles étaient prises en compte, conduiraient à une conclusion largement différente sur la productivité présumée et le succès du coton Bt. De plus, chaque étude de cas présente des résultats contradictoires.

L'ouvrage cite l'expérience des Makhathini Flats, en Afrique du Sud, comme l'exemple modèle qui « a été salué comme la preuve que les cultures GM peuvent bénéficier aux petits exploitants en Afrique. » Tous les observateurs avertis savent bien que Makhathini Flats est considéré comme un village Potemkine pour l'industrie de la biotechnologie, où les lobbyistes se ruent en délégation pour visiter une poignée d'agriculteurs soigneusement entretenus avec des scripts vantant les merveilles du coton Bt. Le livre prétend que «la majorité de la littérature a rapporté des taux d'adoption impressionnante et des retombées économiques positives. »

La manière dont les auteurs sont arrivés à une telle conclusion sur le succès du coton Bt est déconcertante.

L'étude ne tient pas compte de connaissances scientifiques importantes qui arrivent à des résultats sensiblement différents. Selon une étude de cinq ans sur des agriculteurs dans le Makhathini Flats, menée par Biowatch Afrique du Sud, la majorité des petits exploitants agricoles n’ont pas bénéficié du coton Bt. En fait, dans leurs efforts pour l'achat de graines de coton Bt, dont le coût est le double du prix des semences conventionnelles, les agriculteurs ont accumulé en moyenne 1 322 $ de dette. Sur les 36 agriculteurs étudiés, quatre seulement ont réalisé un bénéfice, alors que 80 pour cent n’ont pu rembourser leurs prêts.

Une autre étude publiée en 2006, dans la revue scientifique « Revue africaine de l'économie politique », a constaté que l'adoption généralisée de la technologie OGM dans la plaine Makhatini a été le résultat de l’absence de choix pour les agriculteurs. Le taux d'adoption a été élevé dans les premières années parce que les agriculteurs n'avaient pas d'autre option - une société a fourni à la fois le crédit et les semences.

Bien que le coton Bt était censé réduire la «dépendance des agriculteurs sur les pesticides, l'étude a révélé que ce n'était pas le cas en raison de l'apparition de ravageurs secondaires, comme le jassid. Ignorant ces résultats, le livre basé sur le projet d'Oxfam conclut : «La recherche a clairement démontré que la technologie coton Bt fonctionne et que tant les grands que les petits agriculteurs peuvent en profiter. »

Le chapitre sur la Chine cite une étude de 2002 et 2004 (Huang et al), qui note : «Les enquêtes agricoles au niveau des fermes dans le nord de la Chine montrent que l'adoption du coton Bt a augmenté les rendements de coton et a permis aux agriculteurs de réduire leur utilisation d'insecticide." Les auteurs n’ont cependant pas intégré les conclusions d'une importante étude de Cornell (2006) menée conjointement avec le Center for Chinese Agricultural Policy et l'Académie chinoise des sciences.

L'étude de Cornell a montré que sept ans après la commercialisation initiale de coton Bt en Chine, les bénéfices des producteurs de coton Bt ont rapidement diminué en raison de l'apparition de ravageurs secondaires. Un autre constat est que les cultivateurs de coton Bt ont dépensé davantage pour la lutte antiparasitaire secondaires que leurs homologues conventionnels : 16 $ par hectare pour les cultivateurs de Bt, contre 5,70 $ l'hectare pour les agriculteurs non Bt.

En 2004, les cultivateurs de coton Bt gagnaient 8 pour cent de moins que les autres en raison des coûts des semences Bt qui valaient le triple des semences conventionnelles. Il convient également de noter que même avant l'adoption du coton Bt, l'utilisation des pesticides chez les agriculteurs chinois était déjà très élevée en Chine, ce qui n'augure rien de bon pour les taux actuels.

Dans le cas de l'Inde, l'étude omet d'autres résultats qui contredisent ses conclusions. Les auteurs écrivent que «l'introduction du coton Bt a coïncidé avec une augmentation des rendements de coton et de la production. » Le résumé du livre explique que "bien que le BT coton contribue à l'augmentation des rendements, son objectif initial était de réduire le besoin d'insecticides ... Les producteurs de Bt pulvérisent moins fréquemment que les producteurs non-Bt pour les bollworms... Les cultivateurs Bt font un peu moins d’applications et utilisent des quantités moindres d'insecticides... »

Dans la première semaine de mars, Monsanto, le géant de l’agriculture biotechnologique reconnut devant la Commission d'agrément génétique (Genetic Engineering Approval Committee GEAC) de l'Inde, que les contrôles de terrain du coton en saison 2009 ont montré que le bollworm rose a développé une résistance au coton génétiquement modifiés, le coton Bollgard I, dans les districts d’Amreli, Bhavnagar, Junagarh et Rajkot, dans le Gujarat.

Cet aveu confirme les résultats de 2004 atteints par des scientifiques de l'Institut central de recherche sur le coton en Inde, qui a averti du risque de résistance des ravageurs aux variétés Bt dans un article publié dans la publication de l'Académie des Sciences de l’Inde. Les auteurs ont établi un modèle théorique pour prévoir le développement de résistance à chenilles due à la surexploitation du gène cry1Ac.

Dans un récent rapport présenté au Jairam Ramesh, le ministre de l'Environnement de l'Inde, avant l'aveu de Monsanto KR Kranthi de l'Institut central de recherche sur le coton, avait averti que les chenilles développaient une résistance. Le rapport a également averti que non seulement le coton Bt est devenu inefficace, il a également conduit à la détection de certains nouveaux ravageurs jamais rencontrés en Inde, qui causent désormais d'importantes pertes économiques.

Deux publications indiennes de renom, The Hindu et India Today, ont récemment établi que la productivité du coton a chuté de 560 kg par hectare en 2007 à 512 kg en 2009. Bien que l'étude d'Oxfam a estimé que «les producteurs Bt utilisent moins d'insecticides », les deux publications indiennes ont signalé une augmentation des dépenses de pesticides par les agriculteurs de coton, de 597 crore roupies en 2002 à 791 crore en 2009.

Le chapitre sur les expériences des agriculteurs avec le coton GM colombien conclut qu’il a apporté une contribution positive à ceux qui ont été capables de l'utiliser. Cette conclusion, cependant, n'est pas étayée par les données présentées par les auteurs. D'une part, si le coton Bt a été un tel succès, pourquoi le pourcentage de terres consacrées à la production a baissé de 70% en 2005 à 40% en 2009 ?

L'étude d'Oxfam reconnaît que les semences génétiquement modifiées n’ont pas permis de réduire de manière significative les investissements en pesticides, mais affirme que «le principal avantage de la technologie semble être l'augmentation du rendement. » Pourtant l’amélioration des rendements n’est pas uniforme dans les différentes zones étudiées. Comment alors les auteurs peuvent-ils conclure que le coton BT est un succès quand ils trouvent que les besoins en insecticide sont supérieurs pour les semences OGM qui coûtent trois fois le prix des semences traditionnelles? Avec un examen plus exhaustif et objectif de la vaste littérature disponible, le livre aurait abouti à des conclusions différentes.

Le Focus sur les OGM nous détourne des vraies solutions

Nous sommes troublés par le livre basé sur le projet d'Oxfam, non seulement en raison de son soutien voilé aux biotechnologies basées sur une recherche très sélective, mais aussi parce qu'il détourne l'attention des vraies solutions pour les petits agriculteurs, qui comprennent notamment des réformes structurelles et l'agro-écologie.

Nous sommes alarmés par l'accent mis sur la promesse des cultures transgéniques et par le plaidoyer pour un soutien institutionnel accru pour faciliter la mise en œuvre de ces technologies. L'étude conclut que «les cultures transgéniques peuvent apporter une contribution importante, mais même leurs partisans les plus ardents devraient convenir que beaucoup d'autres choses doivent être en place pour que les agriculteurs puissent tirer pleinement parti de la technologie. » Ce point rate le coche dangereusement si l'objectif est de parvenir à la viabilité des petits agriculteurs et au développement agricole.

Comme nous l'avons présenté dans cette lettre, le focus étroit d'Oxfam sur la performance économique et la productivité à court terme (basé sur des données erronées et sélectives), sans prendre en compte les externalités, ignore un certain nombre de contraintes pour les agriculteurs cultivant du coton Bt. Il va à l'encontre des propres conseils d'Oxfam selon lesquels les décideurs ont besoin de deux types d'informations pour peser les cultures transgéniques: les externalités et l'impact sur les agriculteurs et l'économie agricole.

Malheureusement, l'étude se concentre exclusivement sur les rendements et les bénéfices (à l'aide de données sélectives) et « ne constitue pas une évaluation rigoureuse de l'environnement, de la santé, et des questions de genre.» Pourtant, elle se contredit. Selon son Communiqué de presse du 18 mars, une innovation telle que les cultures transgéniques n'est pas simplement une solution technique, il s'agit d'une intervention avec des conséquences sociales, économiques, et politiques. Pourtant, aucun de ces effets ne sont pesés, comme la viabilité à long terme pour les petits agriculteurs, l'impact de l'utilisation accrue des insecticides sur leur santé, leurs familles et l'écosystème, le coût élevé des semences GM, et la dépendance sur les entreprises privées pour les semences.

Le livre dit encore : «La controverse exceptionnelle engendrée par les biotechnologies agricoles nous a poussé à nous poser les mauvaises questions et à nous engager dans les mauvais débats. » Pourtant, l'étude d'Oxfam rate la cible et détourne de plus en plus l'attention des vraies solutions comme celles d'études au plus haut niveau (IAASTD et ONU).

L'étude d'Oxfam ne conteste pas les conséquences de la dépendance des agriculteurs à des semences dont les prix sont fixés par trois sociétés multinationales. D'après le service national de statistiques de l'USDA, les prix des graines de soja biotech ont plus que doublé de prix de 2001 à 2009, passant de 23,90 à 49,60 $ le boisseau. Selon un rapport de Farmer to Farmer Campaign on Genetic Engineering, les redevances payées à Monsanto pour le gène Roundup Ready dans le soya trait ont aussi presque triplé dans la dernière décennie, passant de 6,50 $ en 2000 à 17,00 $ par sac en 2009.

Le focus étroit de l’étude ignore les inégalités structurelles rencontrées par les petits agriculteurs dans les pays du Sud, telles que le subventionnement massif des entreprises de l'agrobusiness dans l'UE et aux États-Unis, la libéralisation du commerce forcée et les héritages du colonialisme. Cette étude donne le feu vert aux biotechnologies, au lieu de remettre en cause le contrôle des entreprises sur nos systèmes alimentaires. Au lieu de promouvoir une approche holistique, intégrée sur le plan écologique en fonction des systèmes agricoles où des études importantes ont montré une multitude d’avantages sociaux, économiques et environnementaux, et sont très prometteuses dans la résolution de la crise alimentaire actuelle et des effets néfastes du changement climatique, Oxfam America salue la biotechnologie.

Conclusion

L’endossement des biotechnologies par Oxfam America présente un dangereux précédent d’utilisation de la société civile par l'industrie dans sa lutte pour imposer l'adoption des cultures génétiquement modifiées, en dépit de la forte résistance dans le monde entier. Le livre repose sur les résultats des projets d'Oxfam America et cet endossement choquant des cultures transgéniques, en parfaite ignorance de la diverse et volumineuse littérature sur le sujet, porte atteinte à la relation d’Oxfam avec ses alliés de longue date et sa réputation en tant qu'organisation indépendante.

Oxfam, avec cette étude, semble avoir pris le parti des multinationales agroalimentaires qui utilisent le coton pour promouvoir les cultures OGM globalement. Le coton Bt est un cheval de Troie pour les cultures OGM à venir, y compris le sorgho, le manioc, le maïs, le riz et toutes les cultures de base dans le monde.

Cette démarche irresponsable soulève également des questions quant à savoir si le soutien d'Oxfam America aux cultures OGM est le résultat des importants financements reçus de la Fondation Rockefeller et la Fondation Bill et Melinda Gates. La Fondation Rockefeller a fourni un soutien financier pour le livre d’Oxfam America Biotechnology and Development report. En novembre 2009, Oxfam America a reçu une subvention de 491.270 $ de la Fondation Bill et Melinda Gates « pour soutenir le suivi de l'impact du coton Bacillus thuringiensis en Afrique de l'Ouest. »

Ces deux fondations sont des explicites promoteurs des biotechnologies. La Fondation Gates a des liens importants avec Monsanto, le leader de la biotechnologie, qui a utilisé le principe des 'revolving doors' (personnel qui passe successivement de l’un a l’autre) avec les fondations et les agences gouvernementales, pour effacer les obstacles et atteindre sa position actuelle de leader sur le marché. Malheureusement, historiquement et aujourd'hui encore, la recherche et le développement agro-écologique ne reçoivent qu’une fraction de ce que la RD en biotechnologie reçoit, et que cette contrat avec la Fondation Gates perpétue.

Par ailleurs, Oxfam America soutient le Global Food Security Act de 2009, aussi connu sous le nom de loi Lugar Casey, et affirme qu'elle va «améliorer la sécurité alimentaire a long terme en investissant sur le long terme dans le développement agricole. » La section 202 de la loi inclut «la recherche sur les avancées biotechnologiques appropriés aux conditions écologiques locales, notamment la technologie OGM. » Ce projet de loi donne un traitement de faveur à la biotechnologie qui est contrôlée par deux ou trois entreprises, principalement par la société Monsanto, qui a investi plus de 8,6 millions de dollars pour le lobbying au Congrès l'année dernière en vue de faire passer cette loi Lugar Casey.

Oxfam America se livre à l'industrie des biotechnologies et à leurs extensions de fondations privées. Ce faisant, l‘organisation sacrifie ceux qu'elle s'est engagée à aider, y compris les petits agriculteurs, et tous ceux qui défendent la santé, la biodiversité et l'environnement. Nous espérons qu’Oxfam America rétracte sa position sur les biotechnologies et rejoigne le mouvement global pour l'agriculture, l'environnement, et la justice unis dans le monde entier pour demander la fin de la domination des entreprises transnationales et de la contamination de notre nourriture.

Cordialement,
Ont signé :
African Biodiversity Network
African Centre on Biosafety, South Africa
Biowatch, South Africa
Bharatiya Krishak Samaj/Indian Farmers Association, India
Cathy Rutivi, IAASTD Advisory Bureau Member, Sub Saharan Africa
Center for Food Safety, US
CNOP (Coordination Nationale des organizations Paysannes/ National Coordination of Peasant Organizations), Mali
Consumers Association of Penang (CAP),Malaysia
Development Research Communication and Services Centre (DRCSC), West Bengal, India
Earthlife Africa, South Africa
Food First, US
Global Village Cameroon(GVC), Cameroon
GRABE, Benin
GRAIN, Spain
Grassroots International, US
International Development Exchange (IDEX), US
Institute for Sustainable Development, Ethiopia
Surplus People's Project, South Africa
Kalpavriksh Environmental Action Group, India
Kalanjium Unorganised Worker's Union, India
Kalanjium Women Farmer's Association, India
Kheti Virasat Mission, Punjab, India
Dr Mira Shiva, Initiative for Health , Equity and Society, Diverse Women for Diversity, India
Ndima Community Services, South Africa
PLANT (Partners for the Land and Agricultural Needs of Traditional Peoples, US
Tamilnadu Resource Team, India
Tamilnadu Women's Collective, India
The South African Freeze Alliance on Genetic Engineering (SAFeAGE), South Africa
Safe Food Coalition, South Africa
Thamizhaga Vivasayigal Sangam/Farmers Association Of Tamil Nadu, India
The Oakland Institute, US
Vandana Shiva, Navdanya, India

Source: pambazuka

OXFAM IN BED WITH MONSANTO, ROCKFELLER & BILL GATES...


An Open Letter to Oxfam America on its Stance on BiotechnologyOakland Institute, April 12, 2010

Mr. Jeremy Hobbs
Executive Director, Oxfam International
266 Banbury Road, Suite 20
Oxford OX2 7DL
United Kingdom

Mr. Ray Offenheiser
President, Oxfam America
1100 15th St., NW, Suite 600
Washington, DC 20005
United States of America

Dear Mr. Hobbs and Mr. Offenheiser:

We the undersigned, as part of the global food justice and food sovereignty movement, are writing to you to express our grave concerns with the recent position publicized by Oxfam America in support of agricultural biotechnology as a viable solution for addressing poverty faced by resource poor and subsistence farmers in developing countries. We deemed necessary to write to you not just because of a recently released book, but also because Oxfam America appears to be positioning itself as a 'good broker' for independent research on Bt cotton in West Africa with support from the Gates Foundation

Recently released, Biotechnology and Agricultural Development: Transgenic Cotton, Rural Institutions and Resource-Poor Farmers, reports on the outcome of an Oxfam-America project funded by the Rockefeller Foundation. The book, edited by Robert Tripp, assesses the socio-economic impacts of genetically modified cotton on smallholder farmers in India, China, Colombia, and South Africa. Although the book alleges its neutral stance on biotechnology, it appears very biased in favor of transgenic crops. Its conclusion "transgenic crops offer enormous possibilities" not only contradicts several major assessments conducted by the International Assessment of Agricultural Knowledge, Science and Technology for Development. (IAASTD) and the United Nations Development Program (UNDP), it also ignores a significant body of natural and social science literature on the topic. As colleagues who share the principles of Oxfam's mission to "influence the powerful to ensure that poor people can improve their lives and livelihoods," we are deeply troubled that the study and its scientifically questionable (at best) conclusions, falsely support practices that hinder rather than help efforts to save lives, end poverty, and promote social justice. The publication betrays the vibrant global movement that is demanding a more ecologically sustainable and socially just agriculture, free from corporate control.

In reviewing the publication we find it problematic for the following reasons, which we elaborate upon in this letter:

1. False advertising on appearing neutral while endorsing GM crops 2. Incomplete research using selective information to arrive at a pro-GM conclusion 3. Its focus on GM crops as a solution to help resource-poor and subsistence farmers climb out of poverty

Veiled Endorsement of Biotechnology

The book claims its neutral stance on Bt cotton and purports that the study is "located outside the polarized debate." The editor states strongly up front that "The narrow focus will not allow sweeping judgments certifying that transgenic crops are good or bad, appropriate or inappropriate." Yet judgment about the benefits of Bt cotton is pervasive throughout the book.

Conclusive statements lauding Bt cotton are made, such as, "Transgenic cotton producing insecticidal toxins is a highly effective technology in the battle to control pest damage to cotton," and "the technology has proven generally successful in providing additional protection against several important cotton pests." Each chapter features sweeping claims, such as that provided for the Chinese case study: "Bt cotton has made a significant contribution to Chinese cotton production the new technology provided effective pest control and allowed farmers to increase their productivity." According to the book, in South Africa "research has clearly shown that the Bt cotton technology works." The authors conclude that in India "Bt hybrids contribute to cotton productivity." Although the chapter on Colombia takes a more measured approach by positing that "it is not possible to attribute all of the productivity gains of Bt growers to the transgenic technology but it would certainly appear that it has made a positive contribution to those who have been able to use it." None of the above can be characterized as being neutral. Furthermore, review of a very limited volume of existing data on the topic to draw its conclusions is not neutrality, but rather indicates a clear bias.

Incomplete Research Using Selective Data

The book omits critical empirical data and analysis that would otherwise lead to a widely different conclusion about the alleged productivity and success of Bt cotton. Also the findings within each country case study are contradictory.

The book cites the Makhathini Flats experience in South Africa as the model example which "has been hailed as proof that GM crops can benefit smallholders in Africa." Most informed observers know well that Makhathini Flats is considered a Potemkin village for the biotech industry whose lobbyists swoop down in delegations to visit a handful of carefully nurtured farmers with scripts extolling the wonders of Bt cotton. The book claims, "The majority of the literature has reported impressive adoption rates and positive economic returns." How the authors arrived at such a sweeping claim of Bt cotton's success is baffling.

The study ignores significant scientific findings that arrive at a substantially different outcome. According to a five-year study of farmers in Makhathini Flats conducted by Biowatch South Africa, the majority of small-scale farmers did not benefit from Bt cotton. In fact, in their drive to purchase Bt cottonseeds-which are double the price of conventional seed-farmers amassed on average $1,322 in debt. Of the 36 farmers studied, only four made a profit, whereas 80 percent defaulted on their loans.

Another study published in 2006 in the academic journal Review of African Political Economy found that widespread adoption of GM technology in the Makhatini Flats was the result of limited choices for farmers. The adoption rate was high in the first years because farmers had no other option - one company provided both credit and seeds. Although Bt cotton was supposed to reduce farmers' dependence on pesticides, the study found that this was not the case due to the emergence of secondary pests, like jassid. Ignoring these findings, the book based on Oxfam's project concludes "Research has clearly shown that the Bt cotton technology works and that both large-scale and smallholder farmers can benefit."

The chapter on China cites a 2002 and 2004 study (Huang et al) that found that "farm-level surveys in northern China show that the adoption of Bt cotton has raised cotton yields and allowed farmers to reduce their insecticide use." The authors, however, fail to include findings from a major 2006 Cornell study jointly conducted with the Center for Chinese Agricultural Policy and Chinese Academy of Science. The team of researchers included Per Pinstrup-Andersen, the 2001 Food Prize Laureate and former Director General of IFPRI. The Cornell study found that seven years after the initial commercialization of Bt cotton in China, the profits enjoyed by Bt cotton growers quickly diminished due to the emergence of secondary pests. Another finding was that Bt cotton farmers spent more on secondary pest control as their conventional counterparts: $16 per hectare for Bt growers, versus $5.70 per hectare for non Bt farmers. By 2004, Bt cotton growers earned 8 percent less than their counterparts because GM seed cost triple the amount of conventional seed. It is also worthy to note that even before adoption of Bt cotton, pesticide use among Chinese farmers was already quite high in China, which does not bode well for current rates.

In the case of India, the study omits other findings that counter its conclusions. The authors write, "The introduction of Bt cotton has coincided with increasing cotton yields and production in the past few years." Summary of the book states, "although Bt cotton contributes to yield increases, its original purpose was to lower the requirements for insecticide use The Bt growers spray less frequently than the non-Bt growers for bollworm the Bt growers make somewhat fewer total insecticide applications and use a considerably lower quantity of insecticides ."

In the first week of March, biotech agriculture giant Monsanto admitted to the Genetic Engineering Approval Committee (GEAC) of India, that field monitoring of the 2009 cotton season showed that pink bollworm has developed resistance to its genetically modified (GM) cotton variety, Bollgard I, in Amreli, Bhavnagar, Junagarh and Rajkot districts in Gujarat. This admission verified 2004 findings of the scientists at the Central Institute of Cotton Research in India who warned of the risk of pest resistance to Bt varieties in a paper published in the Indian Academy of Science publication. The authors established a theoretical model to predict resistance development in bollworms due to overuse of the cry1Ac gene.

In a recent report submitted to Jairam Ramesh, India's environment minister before Monsanto's admission, K.R. Kranthi of the Central Institute for Cotton Research had cautioned that bollworms are developing resistance. The report also warned that not only has Bt cotton been rendered ineffective, it has also led to detection of some new pests never before reported from India, which are causing significant economic losses. Two reputable Indian publications, The Hindu and India Today, recently established that cotton productivity dropped from 560 kg lint per hectare in 2007 to 512 kg lint per hectare by 2009. While the Oxfam study found that "Bt growers make somewhat fewer total insecticide applications and use a considerably lower quantity of insecticides," the two Indian publications reported an increase in pesticide expenditure by cotton farmers from Rs. 597 crore in 2002 to Rs. 791 crore in 2009.

The chapter on Colombian farmers' experiences with GM cotton concludes "it has made a positive contribution to those who have been able to use it." This conclusion, however, is not backed by the data presented by the authors. For one, if Bt cotton was so successful, then why did the percentage of land devoted to Bt cotton production drop from 70% in 2005 to 40% by 2009? The Oxfam study admits that GM seeds did not save "farmers significant investment in insecticides," but claims that "the technology's principal advantage appears to be its yield enhancement." But higher yields were not uniform across the areas studied. How can the authors conclude BT cotton to be a success when they found higher uses of insecticides for GM seed that costs three times the price of conventional seed? With a more complete and unbiased review of the extensive literature, the book may have drawn different conclusions. Focus on GM Misses the Mark, Deflects from Real Change

We are troubled by the book based on Oxfam's project, not only because of its veiled endorsement of biotechnology based on selective data, but because it diverts attention from real solutions for smallholder and subsistence farmers: structural reform and ecologically based agriculture. We are alarmed by the emphasis on the promise of transgenic crops and advocating for greater institutional support to facilitate the technology. The study concludes that "Transgenic crops may make an important contribution, but even their most ardent supporters should agree that many other things must be in place in order for farmers to take full advantage of the technology." This dangerously misses the mark if the goal is to achieve small holder-farmer viability and agricultural development. As we've countered in this letter, the Oxfam study's narrow focus on short-term economic performance and yield productivity (based on faulty and selective data) without factoring in externalities clearly undermines any limited gains by farmers growing Bt cotton. It goes against Oxfam's own advice that policymakers need two types of information to weigh transgenic crops: externalities and the impact on farmers and the agricultural economy.

Unfortunately, the study focuses narrowly on yields and profit (using selective data) and "does not provide a rigorous assessment [of] environmental, health, and gender impacts." Yet it contradicts itself. According to its March 18th press release, "An innovation such as a transgenic crop is not simply a technical solution, it is an intervention with social, economic, and political consequences." Yet none of these effects are weighed, such as the long-term viability for small-scale farmers, the impact of increased use of insecticides on the health of farmers, their families and the ecosystem, high cost of GM seeds, and dependency on private companies for seed.

According to the book, "The exceptional controversy engendered by agricultural biotechnology has pushed us into asking the wrong kinds of questions and engaging in the wrong types of debate." Yet Oxfam America's study misses the mark and deflects growing attention from real solutions now being discussed at the highest official channels (IAASTD and the UN) to grassroots food justice communities around the world.

The Oxfam study does not challenge the consequences of resource-poor farmers' dependency on seed that is vulnerable to the vagaries of pricing set by three multi-national corporations. According to the USDA National Statistics Service, biotech soybean seeds have more than doubled in price from 2001 to 2009 from $23.90 a bushel to $49.60 a bushel. According to a report by Farmer to Farmer Campaign on Genetic Engineering, royalties paid to Monsanto for the Roundup Ready trait in soybeans has also nearly tripled in the last decade from $6.50 in 2000 to $17.00 per bag by 2009.

The study's narrow focus completely ignores structural inequalities faced by small-scale and subsistence farmers in the Global South, such as the massive subsidization of agribusiness corporations in the EU and US, forced trade liberalization policies, and legacies of colonialism. This study gives the green light to biotechnology instead of challenging corporate control over our food systems. Instead of promoting a holistic approach built on ecologically based farming systems where extensive studies have demonstrated a wide swath of environmental, social, and economic benefits that hold great promise in resolving the ongoing food crisis and the adverse impacts of climate change, Oxfam America hails biotech.

Conclusion

Oxfam America's endorsement of biotechnology sets a very dangerous precedent of being used by the industry in their struggle to force the adoption of GM crops in spite of strong global resistance. The book based on the outcome of Oxfam America's project and the shocking endorsement of transgenic crops in the face of diverse and voluminous literature countering their stance, threatens to damage Oxfam's relationship with longtime allies and its reputation as an independent organization. Oxfam, with this study, appears to be siding with corporations, who have used cotton in their efforts to promote GM crops as a whole. Bt cotton is a Trojan horse for future GM crops, including sorghum, cassava, maize, rice and all the staple crops in the world.

This reckless move also raises questions whether Oxfam America's position endorsing GM crops is a result of significant funding from the Rockefeller and the Bill and Melinda Gates Foundations. The Rockefeller Foundation provided financial support for Oxfam America's Biotechnology and Development report. In November 2009, Oxfam America received a $491,270 grant from the Bill and Melinda Gates Foundation "to support the monitoring of bacillus thuringiensis cotton impact in West Africa." These two foundations are explicit promoters of biotechnologies. The Gates Foundation has important ties with Monsanto, the leading company in the biotechnology industry, which has been using 'revolving doors' with Foundations and Government Agencies, to erase obstacles and reach its current leading position on the market. Unfortunately, historically and today, agroecological research and development receives a fraction of what biotechnology R&D receives, which this grant by the Gates Foundation perpetuates.

Furthermore, Oxfam America supports the Global Food Security Act of 2009, also known as the Lugar-Casey Act, and claims it will "improve long-term food security by investing in long-term agricultural development." The section 202 of this Act includes "research on biotechnological advances appropriate to local ecological conditions, including gm technology." This bill gives favored treatment of biotechnology that is controlled by two or three companies, mostly by Monsanto which has invested over $8.6 million in lobbying Congress last year to pass the Lugar-Casey Act.

Oxfam America is surrendering to the biotech industry and their corporate extensions and private foundations. By doing so it is selling out those it has committed to help and support, including resource-poor farmers, and all those defending health, biodiversity, and the environment. We hope Oxfam America will retract its stance on biotechnology and join the global farmer, environmental, and justice movements united around the world calling for an end to corporate domination and contamination of our food.

Sincerely,

African Biodiversity Network

African Centre for Biosafety, South Africa

Biowatch, South Africa

Bharatiya Krishak Samaj/Indian Farmers Association, India

Cathy Rutivi, IAASTD Advisory Bureau Member, Sub Saharan Africa

Center for Food Safety, US

CNOP (Coordination Nationale des organizations Paysannes/ National Coordination of Peasant Organizations), Mali

Consumers Association of Penang (CAP),Malaysia

Development Research Communication and Services Centre (DRCSC), West Bengal, India

Earthlife Africa, South Africa

Food First, US

Global Village Cameroon(GVC), Cameroon

GRABE, Benin

GRAIN, Spain

Grassroots International, US

International Development Exchange (IDEX), US

Institute for Sustainable Development, Ethiopia

Surplus People's Project, South Africa

Kalpavriksh Environmental Action Group, India

Kalanjium Unorganised Worker's Union, India

Kalanjium Women Farmer's Association, India

Kheti Virasat Mission, Punjab, India

Dr Mira Shiva, Initiative for Health , Equity and Society, Diverse Women for Diversity, India

Ndima Community Services, South Africa

PLANT (Partners for the Land and Agricultural Needs of Traditional Peoples, US

Tamilnadu Resource Team, India

Tamilnadu Women's Collective, India

The South African Freeze Alliance on Genetic Engineering (SAFeAGE), South Africa

Safe Food Coalition, South Africa

Thamizhaga Vivasayigal Sangam/Farmers Association Of Tamil Nadu, India

The Oakland Institute, US

Vandana Shiva, Navdanya, India

http://www.organicconsumers.org/articles/article_20660.cfm

MONSANTO'S GM SOYA MAY BE LINKED TO INFERTILITY AND INFANT MORTALITY


Genetically Modified Soy Linked to Sterility, Infant Mortality

"This study was just routine," said Russian biologist Alexey V. Surov, in what could end up as the understatement of this century. Surov and his colleagues set out to discover if Monsanto's genetically modified (GM) soy, grown on 91% of US soybean fields, leads to problems in growth or reproduction. What he discovered may uproot a multi-billion dollar industry.

After feeding hamsters for two years over three generations, those on the GM diet, and especially the group on the maximum GM soy diet, showed devastating results. By the third generation, most GM soy-fed hamsters lost the ability to have babies. They also suffered slower growth, and a high mortality rate among the pups. And if this isn't shocking enough, some in the third generation even had hair growing inside their mouths—a phenomenon rarely seen, but apparently more prevalent among hamsters eating GM soy.

The study, jointly conducted by Surov's Institute of Ecology and Evolution of the Russian Academy of Sciences and the National Association for Gene Security, is expected to be published in three months (July 2010)—so the technical details will have to wait. But Surov sketched out the basic set up for me in an email.

He used Campbell hamsters, with a fast reproduction rate, divided into 4 groups. All were fed a normal diet, but one was without any soy, another had non-GM soy, a third used GM soy, and a fourth contained higher amounts of GM soy. They used 5 pairs of hamsters per group, each of which produced 7-8 litters, totally 140 animals.

Surov told The Voice of Russia, "Originally, everything went smoothly. However, we noticed quite a serious effect when we selected new pairs from their cubs and continued to feed them as before. These pairs' growth rate was slower and reached their sexual maturity slowly."

He selected new pairs from each group, which generated another 39 litters. There were 52 pups born to the control group and 78 to the non-GM soy group. In the GM soy group, however, only 40 pups were born. And of these, 25% died. This was a fivefold higher death rate than the 5% seen among the controls. Of the hamsters that ate high GM soy content, only a single female hamster gave birth. She had 16 pups; about 20% died. Surov said "The low numbers in F2 [third generation] showed that many animals were sterile."

The published paper will also include measurements of organ size for the third generation animals, including testes, spleen, uterus, etc. And if the team can raise sufficient funds, they will also analyze hormone levels in collected blood samples.

Hair Growing in the Mouth

Earlier this year, Surov co-authored a paper in Doklady Biological Sciences showing that in rare instances, hair grows inside recessed pouches in the mouths of hamsters.
"Some of these pouches contained single hairs; others, thick bundles of colorless or pigmented hairs reaching as high as the chewing surface of the teeth. Sometimes, the tooth row was surrounded with a regular brush of hair bundles on both sides. The hairs grew vertically and had sharp ends, often covered with lumps of a mucous."


At the conclusion of the study, the authors surmise that such an astounding defect may be due to the diet of hamsters raised in the laboratory. They write, "This pathology may be exacerbated by elements of the food that are absent in natural food, such as genetically modified (GM) ingredients (GM soybean or maize meal) or contaminants (pesticides, mycotoxins, heavy metals, etc.)." Indeed, the number of hairy mouthed hamsters was much higher among the third generation of GM soy fed animals than anywhere Surov had seen before.

Preliminary, But Ominous

Surov warns against jumping to early conclusions. He said, "It is quite possible that the GMO does not cause these effects by itself." Surov wants to make the analysis of the feed components a priority, to discover just what is causing the effect and how.

In addition to the GMOs, it could be contaminants, he said, or higher herbicide residues, such as Roundup. There is in fact much higher levels of Roundup on these beans; they're called "Roundup Ready." Bacterial genes are forced into their DNA so that the plants can tolerate Monsanto's Roundup herbicide. Therefore, GM soy always carries the double threat of higher herbicide content, couple with any side effects of genetic engineering.Years of Reproductive Disorders from

GMO-Feed

Surov's hamsters are just the latest animals to suffer from reproductive disorders after consuming GMOs. In 2005, Irina Ermakova, also with the Russian National Academy of Sciences, reported that more than half the babies from mother rats fed GM soy died within three weeks. This was also five times higher than the 10% death rate of the non-GMO soy group. The babies in the GM group were also smaller and could not reproduce. In a telling coincidence, after Ermakova's feeding trials, her laboratory started feeding all the rats in the facility a commercial rat chow using GM soy. Within two months, the infant mortality facility-wide reached 55%.

When Ermakova fed male rats GM soy, their testicles changed from the normal pink to dark blue!

Italian scientists similarly found changes in mice testes (PDF), including damaged young sperm cells. Furthermore, the DNA of embryos from parent mice fed GM soy functioned differently.

An Austrian government study published in November 2008 showed that the more GM corn was fed to mice, the fewer the babies they had, and the smaller the babies were.

Central Iowa Farmer Jerry Rosman also had trouble with pigs and cows becoming sterile. Some of his pigs even had false pregnancies or gave birth to bags of water. After months of investigations and testing, he finally traced the problem to GM corn feed. Every time a newspaper, magazine, or TV show reported Jerry's problems, he would receive calls from more farmers complaining of livestock sterility on their farm, linked to GM corn.

Researchers at Baylor College of Medicine accidentally discovered that rats raised on corncob bedding "neither breed nor exhibit reproductive behavior." Tests on the corn material revealed two compounds that stopped the sexual cycle in females "at concentrations approximately two-hundredfold lower than classical phytoestrogens."

One compound also curtailed male sexual behavior and both substances contributed to the growth of breast and prostate cancer cell cultures. Researchers found that the amount of the substances varied with GM corn varieties. The crushed corncob used at Baylor was likely shipped from central Iowa, near the farm of Jerry Rosman and others complaining of sterile livestock.

In Haryana, India, a team of investigating veterinarians report that buffalo consuming GM cottonseed suffer from infertility, as well as frequent abortions, premature deliveries, and prolapsed uteruses. Many adult and young buffalo have also died mysteriously.

Denial, Attack and Canceled Follow-up

Scientists who discover adverse findings from GMOs are regularly attacked, ridiculed, denied funding, and even fired. When Ermakova reported the high infant mortality among GM soy fed offspring, for example, she appealed to the scientific community to repeat and verify her preliminary results. She also sought additional funds to analyze preserved organs. Instead, she was attacked and vilified. Samples were stolen from her lab, papers were burnt on her desk, and she said that her boss, under pressure from his boss, told her to stop doing any more GMO research. No one has yet repeated Ermakova's simple, inexpensive studies.
In an attempt to offer her sympathy, one of her colleagues suggested that maybe the GM soy will solve the over population problem!Surov reports that so far, he has not been under any pressure.

Opting Out of the Massive GMO Feeding Experiment

Without detailed tests, no one can pinpoint exactly what is causing the reproductive travesties in Russian hamsters and rats, Italian and Austrian mice, and livestock in India and America. And we can only speculate about the relationship between the introduction of genetically modified foods in 1996, and the corresponding upsurge in low birth weight babies, infertility, and other problems among the US population. But many scientists, physicians, and concerned citizens don't think that the public should remain the lab animals for the biotech industry's massive uncontrolled experiment. Alexey Surov says, "We have no right to use GMOs until we understand the possible adverse effects, not only to ourselves but to future generations as well. We definitely need fully detailed studies to clarify this. Any type of contamination has to be tested before we consume it, and GMO is just one of them."

SOYA OGM LIE A L'INFERTILITE ET A LA MORT PREMATUREE DES NOUVEAUX NES...


OGM: l’étude russe qui pourrait «déraciner» une industrie

par Sebastien Portal

Mondialisation.ca, Le 30 avril 2010

En 2009, près de 3% des terres agricoles étaient couvertes d'OGM avec 134 millions d'hectares, selon l'ISAAA qui chaque année fait état des cultures des plantes transgéniques dans le monde. Et le dossier des OGM alimentaires - dont de très nombreuses pages restent encore floues à ce jour - pourrait bien s'alourdir prochainement alors qu'une nouvelle pièce en provenance de Russie est sur le point d'y être ajoutée.

Celle-ci prend la forme d'une étude, dont les résultats les plus frappants viennent d'être présentés à la presse en Russie dans le cadre de l'ouverture dans ce pays des Journées de Défense contre les Risques Environnementaux. Elle est même évoquée par Jeffrey Smith, fondateur de l'Institute for Responsible Technology aux Etats-Unis et auteur de référence dans le monde des OGM avec notamment son ouvrage Seeds of Deception (littéralement « les semences de la tromperie ») publié en 2003.

Menée conjointement par l'Association Nationale pour la Sécurité Génétique et l'Institut de l'Ecologie et de l'Evolution, cette étude russe a duré deux ans avec pour cobaye des hamsters de race Campbell, une race qui possède un taux de reproduction élevé. Ainsi, le Dr Alexey Surov et son équipe ont nourri pendant deux ans et d'une manière classique les petits mammifères, à l'exception près que certains d'entre eux ont été plus ou moins nourris avec du soja OGM (importé régulièrement en Europe) tolérant à un herbicide.

Au départ, quatre groupes de cinq paires (mâles / femelles) ont été constitués : le premier a été nourri avec des aliments qui ne contenaient pas de soja, le second a quant à lui suivi un régime alimentaire qui comportait du soja conventionnel, le troisième a été alimenté avec en complément du soja OGM et enfin le quatrième groupe a eu des plateaux repas dans lesquels la part de soja transgénique était encore plus élevée que dans ceux du troisième.

A la fin de cette première phase, l'ensemble des quatre groupes a eu en tout 140 petits. L'étude s'est poursuivie dans une deuxième phase par la sélection de nouvelles paires issues de chacun de ces premiers groupes. Et dans la logique du déroulement, les nouvelles paires de la deuxième génération ont elles aussi eux des petits, créant de fait la troisième et dernière génération de cobayes.

Ainsi, il y a eu au final 52 naissances parmi les spécimens de troisième génération qui n'ont pas consommé du tout de soja, 78 parmi ceux qui ont consommé du soja conventionnel. Mais le troisième groupe, celui qui a été nourri avec du soja OGM, n'a eu que 40 petits, dont 25% sont morts. Et pire, dans le groupe qui a mangé le plus de soja génétiquement modifié, une seule femelle a réussi à donner naissance, soit 16 petits au total dont 20% sont finalement morts. Ainsi, à la troisième génération, les hamsters qui, pour les besoins de l'étude ont eu dans leur menu une part importante de soja OGM, n'étaient plus capables de se reproduire...

Mais une autre surprise de taille a été observée : certains de ces hamsters issus de la troisième génération se sont retrouvés avec des poils... dans la bouche, un phénomène d'une extrême rareté.

Quelles conclusions peut-on tirer de cette expérience ? A ce stade, aucune, comme le reconnaissent eux-mêmes les scientifiques qui ont fait ces observations. D'ailleurs, leur étude qui doit être rendue public dans ses détails en juillet prochain, ne pourra être reconnue comme valide uniquement dans la mesure où elle sera publiée dans une revue scientifique internationale avec un comité de relecture par des pairs. Cependant, même si cette récente étude ne permet pas de tirer de conclusions définitives, elle pourrait avoir un impact non-négligeable dans l'approche globale des OGM agricoles qui sont aujourd'hui consommés dans le monde par des millions d'animaux d'élevage et d'être humains depuis leur avènement en 1996. Car en effet, pouvoir effectuer une étude d'une durée aussi longue (deux ans) est tout à fait rare tant les semenciers qui en font la promotion veillent au grain, de peur que l'étude en question ne soit pas en leur faveur : « Des scientifiques qui découvrent que des OGM provoquent des effets inattendus sont régulièrement attaqués, tournés en ridicule, voient leurs crédits de recherches stoppés, et sont mêmes renvoyés », explique Jeffrey Smith dans son billet repris notamment par The Huffington Post et qui évoque l'étude du Dr Surov et de son équipe en Russie. Et pouvoir effectuer des tests pendant deux ans est d'importance capitale selon les associations écologistes. Celles-ci estiment que deux ans représentent une durée suffisante pour mesurer les effets chroniques d'un produit ou d'une molécule, et donc d'un pesticide. Or, jusqu'à présent, les plantes OGM qui sont consommés dans le monde sont dans une très large majorité des plantes qui accumulent dans leurs cellules un ou plusieurs pesticides (soit par absorption extérieure soit par une production permanente). De plus, les études de plus de trois mois sur des mammifères (généralement des rats) nourris à ces OGM-pesticides (de première génération) sont toutes aussi rares. C'est pourquoi des « lanceurs d'alerte » (l'équivalent français du terme « whistle blowers », littéralement ceux qui soufflent dans le sifflet) dénoncent régulièrement cette situation et demandent à ce que les OGM agricoles soient évalués comme des pesticides à part entière.

Autre grand problème : les organismes d'évaluation se basent toujours sur des études faites par ou pour les semenciers et ne possèdent pas de moyens financiers suffisants pour effectuer eux-mêmes des expertises ou contre-expertises. A ce jour, les évaluations d'OGM conduites et financées grâce à des fonds publics se comptent sur les doigts d'une seule main.

Selon Jeffrey Smith, l'étude du Dr Surov et de son équipe pourrait bien « déraciner » une industrie qui vaut plusieurs milliards de dollars. L'affaire est donc à suivre, mais quoi qu'il en soit, depuis l'introduction en 1996 dans l'environnement et dans la chaîne alimentaire de produits agricoles transgéniques (issus de semences dans lesquelles y sont ajoutées un ou plusieurs gênes étrangers afin de conférer à la plante une propriété spécifique), les risques qui y sont liés restent encore très largement inconnus car très peu observés faute d'études suffisamment longues et indépendantes, mais aussi à cause du refus des semenciers de publier leurs propres études (sauf sous la contrainte juridique) pour des raisons de stratégies industrielles et commerciales.

Aussi surprenant que cela puisse paraître, le principe de précaution dans ce domaine semble effectivement illusoire alors que les incertitudes scientifiques qui demeurent devraient justement le mettre au cœur du processus d'évaluation. Et d'ailleurs, on peut même supposer que cette absence de précaution large et de manque de transparence vis-à-vis du public nuisent par la même occasion aux OGM agricoles expérimentaux (de seconde génération) qui ne peuvent pas être évalués dans les meilleures conditions puisque ceux qui sont actuellement sur le marché ne l'ont été que partiellement (le proverbe de la « charrue avant les boeufs»...). Car l'ennui au fond c'est que nous tous, les consommateurs, sommes au bout de cette chaîne alimentaire: alors finalement dans l'histoire, qui sont réellement les cobayes?

ECHEC DU COTON BT DE MONSANTO EN INDE


INDE – Monsanto admet l’échec d’une variété de coton Bt : pour mieux vendre la suivante ?

par Eric MEUNIER, mars 2010

http://www.infogm.org/spip.php?article4377

Dans une lettre adressée au Comité indien d’Approbation du Génie Génétique (GEAC), Monsanto reconnaît que son coton transgénique Bt Bollgard I n’est plus efficace contre un ver du coton qu’il était pourtant sensé tuer. Et en profite pour vanter la deuxième génération : le coton transgénique Bt Bollgard II.

Le coton Bt Bollgard I a été autorisé en 2002 et est cultivé dans neuf Etats indiens. Après huit années de commercialisation, Monsanto annonce avoir détecté une déficience pour ce coton Bt, modifié par transgénèse pour exprimer la toxine insecticide Cry1Ac : des vers roses de la capsule du coton [1] sont devenus résistants à la toxine produite par ce coton Bt. La résistance a été découverte suite à des essais en champs conduits par Monsanto dans quatre comtés (Amreli, Bhavnagar, Junagarh et Rajkot) de l’Etat du Gujarat en 2009, essais réalisés afin d’évaluer l’efficacité de ce coton Bollgard I.

Pour l’entreprise, la résistance au coton Bollgard I est « naturelle et même attendue » [2]. Non pas que ce coton soit intrinsèquement mauvais, mais, selon Monsanto, à cause des agriculteurs indiens qui d’une part, n’auraient pas respecté les zones refuges requises pour ce type de culture et d’autre part, auraient cultivé du coton Bollgard I avant même qu’il soit autorisé par le gouvernement indien... D’où venait-il ? L’entreprise est muette sur cette question, mais Inf’OGM avait déjà rapporté la commercialisation de coton Bt par Navbharat Seed et non par Monsanto, cette dernière ayant obtenu la reconnaissance de son brevet sur ce coton en décembre 2004 [3].

Mais face à cet « échec » du coton Bollgard I, Monsanto rappelle disposer d’ores et déjà du coton Bollgard II, « plus efficace », précise-t-elle. Et c’est dans cette volonté de commercialiser en priorité ce coton Bollgard II que se trouve la véritable motivation de Monsanto à reconnaître publiquement le défaut de son premier coton, selon Devinder Sharma, du Forum sur les Biotechnologies et la sécurité Alimentaire [4]. Le Bollgard II, commercialisé depuis 2006 en Inde, contient deux protéines toxiques et non plus une seule : Cry1Ac et Cry2Ab. Selon un article du Times of India [5], une note interne du ministère de l’Environnement confirme que Monsanto « ne serait pas très encline à continuer avec ce coton monotransgénique (la variété actuelle Bollgard I), une décision de justice lui imposant de vendre cette variété de coton Bt à un prix plus bas ». Cette décision de 2006 limite le prix du kilo de semences à 7,2 euros [6] alors que le coton Bollgard II était vendu à plus de 16 euros le kilo en 2007 [7] !

Enfin, K.R. Kranthi, directeur de l’Institut Central de recherche sur le Coton (CICR), considère que le principal problème n’est pas tant l’apparition de résistance chez les vers roses de la capsule – il questionne d’ailleurs l’interprétation des résultats des essais menés par Monsanto dans le Gujarat - que l’apparition d’autres parasites sur les cultures de coton, parasites qui n’étaient pas présents avant et qui sont apparus « par coïncidence après l’introduction du coton Bt » [8].
Le coton Bt Bollgard est depuis 2002 l’objet de nombreuses controverses en Inde. Des controverses qui ne portent pas seulement sur le développement de résistance à la toxine par les organismes cibles. En 2009, l’organisation Navdanya publiait un rapport dans lequel elle affirmait que « le coton Bt rend les sols non fertiles en réduisant l’activité microbienne » [9]. En 2008, on apprenait que, dans la région de Vidarbha (Etat du Maharashtra), le coton Bt avait été détruit à 60% par une maladie causée par un champignon, après avoir été sujet à une attaque de pseudococcine (une cochenille) [10].

[1] Pectinophora gossypiella ou pink bollworm en anglais

[2] http://www.monsanto.com/monsanto_to...

[3] cf. Inf’OGM n°66, juillet 2005, INDE - Semences piratées de coton Bt

[4] http://indiatoday.intoday.in/site/S...

[5] http://timesofindia.indiatimes.com/...

[6] http://www.hindu.com/2006/06/06/sto...

[7] http://www.thehindubusinessline.com...

[8] http://business.rediff.com/report/2...

[9] cf. Inf’OGM ACTU n°19, avril 2009, INDE – Le coton Bt « tue » les sols selon l’association écologiste Navdanya

[10] cf. Inf’OGM ACTU n°15, décembre 2008, INDE - L’échec du coton Bt est-il responsable des suicides d’agriculteurs ?

Thursday, May 06, 2010

LES VERITABLES CONSEQUENCES ECONOMIQUES ET SOCIALES DU COTON Bt DE MONSANTO


Coton Bt: les faits derrière le battage publicitaire

Source de l’article: http://www.grain.org/seedling/?id=475

Cela fait maintenant plus de dix ans que le coton génétiquement modifié Bt est commercialisé. Il a été depuis introduit et testé dans plus de vingt pays. Sa culture est un succès évident pour Monsanto, la principale entreprise de coton Bt. Mais qu'est que cela a signifié pour les agriculteurs? On peut avoir aujourd'hui une vision plus claire de ce qui se passe dans les fermes dans de nombreux pays à travers le monde.

Début novembre 2006, l'Institut national de recherche agricole du Burkina Faso a invité un groupe de journalistes, de scientifiques et d'agriculteurs sur un site d'essais de coton Bt dans la ville de Boni. On leur a montré deux petites parcelles de terre sur une ferme appartenant à Sofitex, la plus grosse entreprise cotonnière du pays. Sur l'une était planté du coton génétiquement modifié Bt et sur l'autre une variété conventionnelle. Il n'était pas difficile de voir la différence: le champs de coton Bt avait une meilleure production et il avait subi moins de dommages dus aux insectes, alors que, d'après les chercheurs, le coton Bt n'avait été traité que deux fois avec un pesticide alors que le coton conventionnel l'avait été six fois.
La démonstration était suffisante pour convaincre un grand nombre d'agriculteurs présents. "Je pense que nous pouvons maintenant nous lancer dans la culture du coton Bt, vu le résultat des expérimentations à Boni," a déclaré Sessouma Amadou, un cultivateur de coton de la région de Kénédougou. "Maintenant, mon souci, c'est de savoir comment me procurer les semences, et à un bon prix.

Les premiers résultats de ces petits essais en champs ont aussi été suffisamment convaincants pour le gouvernement du Burkina, qui a saisi l'occasion pour déclarer à la presse qu'il avait l'intention d'avancer dans la commercialisation du coton Bt pour la saison suivante, deux ans avant de terminer les recherches en biosécurité programmées[1].

Un mois plus tôt, dans une autre partie du pays, les champs de coton d'un projet très différent – visant à réduire l'usage des pesticides – étaient aussi présentés, bien que suscitant moins d'attention de la part du gouvernement et des médias. Les agriculteurs y montraient les résultats de la seconde année d'un programme intégré de contrôle des insectes, basé sur un modèle de ferme-école, où les agriculteurs ont développé des pratiques de contrôle des insectes en partageant les connaissances et en utilisant les moyens locaux. Et dans le cas présenté, les agriculteurs avaient complètement éliminé le recours aux pesticides chimiques dans leurs champs de coton sans réduire leurs rendements. [2]

Dans le Mali voisin, les agriculteurs ont obtenu les mêmes succès, avec leur programme, intitulé Projet de Gestion Intégrée de la Production et des Déprédateurs – GIPD, qui en est maintenant à sa quatrième année. Lors de la saison 2006, 1140 cultivateurs ont participé au programme. Leur production moyenne fut nettement supérieure à celle des cultivateurs de la même région utilisant des pesticides conventionnels (1240 kilos par hectare contre 1020 kilos), alors que les agriculteurs du GIPD n'avaient pas utilisé de pesticides chimiques. [3]

Un agronome du Bénin qui a visité les champs au Mali pendant la saison 2005-6 a déclaré: "C'est presque impossible de croire ce que nous avons vu. Des champs épargnés par les insectes, avec des plants de coton pleins de capsules intactes; on avait l'impression d'être dans des champs traités avec des pesticides."

L'un des gros avantages du programme GIPD est qu'il ne dépend pas des technologies coûteuses des multinationales comme Monsanto ou Syngenta. Un avantage supplémentaire, qui devient de plus en plus important, est que sa viabilité est prouvée dans les champs des cultivateurs, tandis que les essais de coton Bt sont menés uniquement par des scientifiques dans l'environnement artificiel des stations de recherche.

Aujourd'hui, dix ans après que le coton Bt a été introduit pour la première fois, il ne devient que trop évident que la différence peut être considérable entre ce que ces scientifiques rapportent et de qui se passe réellement à la ferme, en particulier sur le long terme. Dans les pays où le coton Bt est cultivé depuis plusieurs années, l'énorme battage publicitaire des multinationales sur leur nouvelle merveille est noyé dans la mer des dettes contractées par les cultivateurs et les problèmes de nuisibles et de maladies. Tableau:

Implantation du coton Bt dans le monde

Afrique du Sud: Autorisé en 1997.

Argentine: Autorisé en 2001. En 2005-6, il a été semé sur 13% de la totalité de la zone de production du coton.

Australie: Introduit en 1996. En 2002–3, se montait à presque 30% de la totalité des cultures de coton. Cela s'éleva à 80% en 2004–5 avec la diffusion de la variété Bollgard II de Monsanto.

Brésil: Les essais en champs ont été autorisés en mars 2005. La contrebande de semences de coton Bt en provenance d'Argentine et du Paraguay est très répandue. Au moins 5% des 1,3 millions de tonnes produites dans la saison 2005-6 proviennent des variétés Bt du marché noir.

Burkina Faso: Les essais en champs ont commence en 2003. La diffusion commerciale est prévue pour 2007.

Chine: Diffusé en 1997. Il est maintenant cultivé sur une bonne moitié de la zone de production de coton du pays.

Colombie: Importé par Monsanto en 2002, sans autorisation environnementale. Les actions en justice ont abouti à une suspension de l'autorisation.

Costa Rica: Monsanto a commence des essais en champs sans la surveillance réglementaire en 1992. En 2004, 638 ha ont été plantés, principalement pour l'exportation des semences.

Egypte:Introduction commerciale autorisée en 2006.

Etats-Unis: Autorisé en 1996. Couvre actuellement 40% de la zone de production du coton.

Guatemala: Essais en champs.

Inde: Introduction commerciale en 2002. En 2006–7, Monsanto a commence à mettre en vente le Bollgard II.

Indonésie: Introduit dans la province du Sulawesi du sud en 2001. Deux ans plus tard, il a été retiré après que son échec ait déclenché des manifestations des cultivateurs.

Kenya: Essais en champs.

Mexique: Autorisé en 1996.

Pakistan: En mai 2005, la Commission de l'énergie atomique du Pakistan a fourni 40 000 kg de semences de coton Bt aux agriculteurs du Penjab.

Paraguay: Autorisé en 2005.

Philippines: Essais en champs.

Sénégal: Essais en champs irréguliers qui ont plus tard été abandonnés.

Thaïlande: Essais en champs en 1997. Abandonnés après des manifestations de masse.

Vietnam: Essais en champs.

Zimbabwe: Planté par Monsanto en 1998 sans autorisation officielle. La culture a été brûlée quand elle a été découverte par les autorités.

Des capsules à moitié vides

En 2000, avec le même battage que celui qui a lieu au Burkina Faso actuellement, Monsanto et sa filiale indienne Mahyco procédaient en Inde à leur première année d'essais en champs du coton Bt à l'échelle du pays tout entier. Les résultats des essais en champs, qui seront à la base de l'autorisation commerciale du coton Bt en Inde, ont montré une baisse importante dans l'usage des pesticides et une augmentation de la production en comparaison avec les variétés non Bt.[4]

L'Inde était assurément prête pour un tel produit. L'introduction des hybrides et des pesticides de la Révolution verte des années 60 et 70 avait entraîné les 17 millions de cultivateurs de coton du pays dans un cercle vicieux. Les rendements s'étaient accrus par moments mais la sensibilité des cultures de coton aux insectes et aux maladies aussi, ceux-ci ayantvévolué plus vite que les nouveaux produits que les scientifiques pouvaient produire à la chaîne pour les combattre. Face aux problèmes croissants de nuisibles les agriculteurs, qui étaient devenus complètement dépendants des conseils et des technologies des "experts" extérieurs, ont été encouragés à traiter plus souvent, avec des pesticides de plus en plus toxiques. Il était devenu courant pour les cultivateurs de coton de traiter leurs champs plus de 30 fois dans une seule saison. L'escalade dans le recours aux pesticides avait fait grimper les coûts de production qui, combinés avec la chute des prix pour le coton brut, avait entraîné des dettes très lourdes et le suicide de centaines si ce n'est de milliers de cultivateurs de coton indiens par an. [5] Les cultivateurs de coton indiens attendaient désespérément une nouvelle technologie, et si on se fiait aux résultats des essais en champs, le coton Bt de Monsanto semblait tomber à pic.

Le coton Bt était en fait déjà sur le marché indien depuis 1998, bien avant d'avoir été autorisé pour sa diffusion commerciale en mars 2002. Dans une histoire semblable à des scandales de contamination par les OGM dans d'autres pays, le gène Bt de Monsanto s'échappa pour une raison ou une autre d'essais en champs "confinés" de la compagnie, et cela se termina par la variété de coton appelée N-151 qui a été vendue dans l'Etat du Gujarat par la compagnie indienne de semences Naybharat. Monsanto préleva des échantillons de la culture du N-151 en 2001 après avoir appris que la variété avait résisté à une importante épidémie dans le Gujarat cette année-là. [6] Lorsque les tests ont montré la présence du gène Bt de Monsanto, la compagnie rendit immédiatement publique l'information et lança une accusation contre Naybharat. Il s'ensuivit une certaine confusion: le gouvernement indien menaça de détruire et de confisquer toute la récolte "illégale" du N-151, une tâche impossible étant donné que les semences s'étaient déjà répandues de cultivateurs en cultivateurs dans tout l'état et le pays; les cultivateurs de coton du Gujarat sont descendus dans les rues pour défendre leur droit de cultiver le coton miracle. Dans la mêlée, Navbaharat a été obligé d'arrêter la production de sa variété N-151, à cause de soit-disant risques biosanitaires, tandis que les trois variétés Bt de Monsanto étaient introduites en hâte grâce à un processus de réglementation extraordinairement inapte, et autorisées à la culture commerciale pour la saison suivante. [7]

Ce fut une belle opération de relations publiques pour Monsanto. La première année de la mise en vente en 2002, Mahyco-Monsanto a vendu la totalité de son stock de semences, et le coton Bt fut planté sur presque 45000 hectares. En 2005, grâce à une campagne publicitaire très offensive, le coton Bt hybride a été planté sur plus de 500 000 hectares. [8] Les partisans du coton Bt se sont évidemment emparés de ces chiffres pour vendre le succès du coton Bt en Inde, mais ce qui se déroulait réellement sur le terrain était très différent.

Au Gujarat, patrie de la variété N-151, les variétés Bt de Mahyco-Monsanto ont obtenu de piètres résultats la première année de leur culture. Un comité officiel de contrôle mis en place par le gouvernement de l'état a rapporté que des cultivateurs du Gujarat "avaient subi de lourdes pertes économiques avec la culture du coton Bt" lors de la saison 2002, ce que le comité a attribué à la sensibilité de la culture au flétrissement et aux insectes suceurs. Ces observations ont été répétées par les comités de contrôle mis en place cette année-là dans d'autres états produisant du coton, comme l'Andhra Pradesh, le Karnataka, le Madhya Pradesh et le Maharashtra. [9] Bien que certains aient rejeté ces difficultés initiales comme liées à un problème de qualité des variétés qui avaient été modifiées, et non à la technologie Bt elle-même, les complications liées au coton Bt n'ont pas disparu, même si de nouvelles variétés sont depuis entrées sur le marché.

Les scientifiques Abdul Qayum et Kiran Sakhari ont étudié les expériences des cultivateurs avec le coton Bt en Andhra Pradesh depuis que ces hybrides ont été introduits en 2002. Dans leur évaluation sur les trois premières années de culture du coton Bt dans l'état, ils ont trouvé que, en moyenne, les cultivateurs de coton non-Bt avaient gagné 60% de plus que les cultivateurs de coton Bt. Contrairement aux publicités de Monsanto et aux résultats de ses essais en champs, Qayum et Sakhari ont rapporté que les agriculteurs cultivant des hybrides Bt ne pouvaient pas diminuer l'utilisation de pesticides ni augmenter leurs rendements.

L'année suivante, en 2005-6, suite à l'interdiction des hybrides Bt de Monsanto-Mahyco, Qayum et Sakhari sont retournés dans les champs pour voir comment les agriculteurs s'en sortaient avec d'autres nouvelles variétés de coton hybride Bt. De nouveau, ils ont découvert que les coûts de maîtrise des insectes ravageurs étaient plus élevés pour les cultivateurs de Bt que pour ceux qui ne cultivaient pas de Bt, en grande partie à cause de l’augmentation des problèmes liés à des insectes secondaires. Cette fois-là, Qayum et Sakhari ont intégré à leur étude une comparaison avec les cultivateurs de coton utilisant des méthodes sans pesticides pour maîtriser les insectes. Ces cultivateurs ont obtenu les bénéfices nets les plus élevés de tous les agriculteurs enquêtés, plus élevés que les cultivateurs de coton non-Bt utilisant des pesticides chimiques et bien plus élevés que les agriculteurs cultivant du coton Bt.

Leur étude faisait écho à des rapports antérieurs qui avaient constaté que le coton Bt était sensible au flétrissement, et les chercheurs alertaient sur le fait que la généralisation de sa culture ouvrait la voie à une épidémie. [10] La maladie du flétrissement était effectivement devenue un problème catastrophique, et pas seulement en Andhra Pradesh. En octobre 2005, une commission d'enquête de 11 personnes composée d'agriculteurs, de militants sociaux et d'ingénieurs agronomes est allée dans trois villages du district de Badwani dans l'état voisin du Madhya Pradesh pour enquêter sur la maladie du flétrissement constatée de nombreuses fois dans des champs de coton Bt. L'équipe constata que les dégâts causés par le flétrissement étaient effectivement omniprésents et étaient beaucoup plus graves dans les divers cotons Bt hybrides que dans les variétés conventionnelles. L'équipe évalua toutes les variables possibles et conclut que "la maladie du flétrissement est un phénomène qui affecte le coton Bt" et excluait la possibilité que le flétrissement soit "le résultat d'un stress abiotique ou dû à un défaut dans les pratiques de culture du coton Bt par les agriculteurs". Selon l'équipe, les problèmes de flétrissement semblaient être "le reflet des résultats imprévisibles provenant de la technologie de la transgenèse utilisée pour le coton Bt et la vulnérabilité accrue des plantes transgéniques aux nouveaux nuisibles et maladies".

L'histoire des quatre premières années de la culture du coton Bt en Inde a été parfaitement résumée par P.V. Satheesh, responsable de la Coalition de l'Andhra Pradesh pour la défense de la diversité (Andhra Pradesh Coalition in Defence of Diversity):

"La première année (2002), le coton Bt fut un désastre, produisant 35% de moins que le coton non Bt, alors qu'il coûtait 4 fois plus. La troisième année, de nouvelles maladies se sont propagées dans le sol et la plante. Le bétail qui broutait le coton Bt a commencé à mourir. Et cette année (2006), les plants de Bt ont commencé à flétrir, obligeant les cultivateurs à les déraciner à contre-cœur. Dans le village de Mustyalapally, dans le Bhongir mandal de Nalgonda, les agriculteurs ont arraché le coton Bt de 41 des 51 acres plantés. La maladie s'est propagée aux villages voisins, répandant la panique parmi les cultivateurs. Les agriculteurs se sont plaints que les plantes mourraient lentement les unes après les autres parce que le système racinaire était gravement décomposé, sans qu'il y ait de système racinaire secondaire ou tertiaire sur le système principal. Même les capsules qui s'étaient formées sur ces plants flétris ne portaient aucunes graines." [11]

Des agriculteurs ont réagi avec colère par des manifestations de rue violentes et en incendiant des points de vente de semences. Il y a eu le cas d'agriculteurs qui demandaient des dédommagements et qui ont pris un représentant de Mazhyco-Monsanto en otage. De nombreux autres cependant, ont quitté leurs fermes ou ont mis fin à leur vie. Dans la ceinture du coton de Vidarbha, où le coton Bt est largement répandu, le taux de suicide parmi les cultivateurs de coton atteint des sommets terribles, avec plus de 100 suicides de cultivateurs de coton par mois en 2006. [12]

On peut s'attendre à des problèmes bien plus graves à l'avenir. On rapporte que le ver de la capsule du coton (bollworm), le principal insecte ciblé par le coton Bt, commence déjà à développer une résistance. "Des foyers (d'infestation) près de Vadodara (Gujarat) sont alarmants", a déclaré le Dr K. R. Kranthi de l'Institut central de recherche sur le coton de Nagpur. "Et pour le reste du pays, ce n'est qu'une question de temps." [13] Plus de 55% de tous les pesticides utilisés en Inde sont aujourd’hui employés pour la production du coton, même si cette culture n'occupe que 5% de la surface agricole du pays.

L’engrenage du coton

“Avec le développement du coton GM, nous pouvons réduire l'utilisation des pesticides de plus de 80% … et les cas d'empoisonnements par pesticides de 90%." Professeur Guo Sandui, de l'Académie des Sciences chinoise et inventeur du coton GM chinois. [14]

Indonésie

L'Inde n'est pas le premier pays à rencontrer des problèmes avec le coton Bt. En Indonésie, lors de la première mise en culture en 2001, les plants de coton Bollgard de Monsanto ont été ravagés par les insectes, alors que les autres cultures de coton n'ont subi que des dommages insignifiants. Les cultivateurs de coton indonésiens en colère, qui avaient payé très cher ces semences Bt, ont incendié leurs champs en signe de protestation et obligé Monsanto à retirer le coton Bt du pays après seulement deux saisons sur le marché. [15]

Chine & US

En Chine et aux Etats-Unis, deux pays qui ont une longue expérience de la culture du coton, le coton Bt a d'abord fait baisser l'utilisation des pesticides. Mais peu après, des insectes qui étaient au départ d'importance mineure, ont commencé à causer de graves dégâts dans les cultures, et les agriculteurs sont vite revenus à leur ancien taux d'utilisation de pesticides.

Dans une étude récente sur 481 cultivateurs de coton dans cinq provinces de Chine, des chercheurs de l'université de Cornell ont montré que les gains que les cultivateurs de coton chinois avaient obtenus avec le coton Bt pendant la saison 2000-2001 avaient complètement disparu trois ans plus tard. Voici ce qui s'était passé: dans les premières années, quand le coton Bt maîtrisait le ver de la capsule, l'insecte ravageur le plus important dans la région, les agriculteurs ont réduit l'usage des pesticides à large spectre, réduisant ainsi leurs coûts et augmentant leurs revenus. Mais le coton Bt n'apportant aucun contrôle sur les insectes secondaires, ces derniers ont vite pris la place des vers du coton. Selon les chercheurs de Cornell, "une majorité des cultivateurs de coton Bt ont indiqué qu'ils devaient traiter 15 à 20 fois plus qu'avant pour tuer les insectes secondaires, les mirides, qui ne nécessitaient pas de pesticides les années précédant l'adoption du Bt." En fait, en 2004, les cultivateurs de coton Bt dépensaient autant pour les pesticides que les cultivateurs de coton non Bt… et au moins 2 à 3 fois plus pour les semences. [16]

Des faits similaires sont rapportés des Etats-Unis, où les dégâts causés par les insectes secondaires, comme les punaises puantes et les punaises des plantes, ont considérablement augmenté depuis l'introduction du coton Bt, connu sous le nom de Bollgard. [17] Comme en Chine, les coûts des pesticides pour contrôler ces insectes secondaires peuvent dépasser ce que les cultivateurs de coton américains avaient l'habitude de dépenser en pesticides pour les variétés conventionnelles, en particulier si on tient compte des coûts élevés des semences Bt. " Les insectes secondaires, les punaises des plantes et les punaises puantes, mangent notre pain", dit Bruce Bond, un cultivateur de coton de l'Arkensas. "Je dépense probablement 90 $ par acre en insecticides pour le coton Bt. J'estime que c'est trop, en particulier quand je paie 32$ d’avance. L'année prochaine, j'aimerais augmenter un peu la surface de coton non Bt. J'ai planté mon coton-refuge (coton non Bt) dans le pire sol que j'ai, et un champs de 23 acres de cette plantation a donné le meilleur coton que j'ai récolté cette année." [18]

Un inconvénient financier supplémentaire que les cultivateurs de coton des Etats- Unis rencontrent avec le coton Bt est qu'ils ne peuvent pas varier le taux de toxine selon le degré de pression de l'insecte. Ils doivent payer la totalité du prix pour les semences Bt que le ver de la capsule soit ou non une menace sérieuse dans leurs champs. Dans certains endroits de l'Arkansas, par exemple, les agriculteurs protestent contre une mesure fédérale les obligeant à cultiver du coton Bt comme partie intégrante d'un programme d'éradication du charançon de la capsule à l'échelle de l'état. Ils disent que le degré de pression du charançon de la capsule sur leurs fermes est trop faible pour justifier les coûts des semences Bt. [19] De plus, l'expérience des Etats-Unis montre que, quand la pression du ver de la capsule est élevée, le coton Bt ne conserve pas toujours sa résistance et les agriculteurs finissent quand même par utiliser des pesticides. "Il y a maintenant des foyers dans le Sud-Est comprenant plus de 100 000 acres (40 000 hectares) en Georgie, où le ver de la capsule ne peut pas être maîtrisé en sur-traitant le coton Bt," déclare l'entomologiste Smith. "Si beaucoup en réchappent, ils peuvent causer beaucoup de dégâts. Ils ont eu plus de 15% de dégâts dans les capsules du coton Bollgard en Georgie, à cause d‘une sur infestation. Trois traitements de pyrèthre en cinq jours n'en sont pas venus à bout." [20] Pour résoudre ces problèmes croissants d'insectes, Monsanto et Syngenta ont introduit de nouvelles variétés de coton Bt aux Etats-Unis et ailleurs qui sont censées présenter une plus grande résistance aux insectes, à un prix plus élevé, bien entendu. En Inde, où le Bollgard de Monsanto se vend aujourd'hui à 17 US$ le paquet de semences de 450 g, les semences de la nouvelle variété Bollgard II de la compagnie vont se vendre à 30 US$ le paquet de 450 g en 2006-2007. [21] Et l’engrenage continue.

La construction d'un empire

L'entreprise Monsanto des Etats-Unis domine le marché mondial de la semence de coton. Au moins deux tiers du coton Bt vendu dans le monde est vendu sous licence Monsanto ou vendu directement par Monsanto et ses filiales. [1] L'acquisition récente par Monsanto de Emergent Genetics (qui dirige la troisième plus grosse entreprise semencière aux Etats-Unis et en Inde) et Delta and Pine Land (l'ex plus grosse entreprise de semences de coton du monde et le propriétaire/inventeur de la célèbre technologie Terminator) fera de Monsanto, si le rachat de Delta and Pine Land est approuvé par le Ministère de la justice des Etats-Unis, la plus grosse compagnie de semences de coton du monde. De plus, en prenant le contrôle de Delta and Pine Land, Monsanto acquiert aussi les droits sur la collection mondiale de ressources génétiques du coton de son concurrent le plus important, Syngenta. En plus de Syngenta et DowAgrosciences, les deux autres multinationales qui ont récemment commercialisé des plantes cultivées Bt, la principale concurrence pour Monsanto vient d'une entreprise chinoise appelée Biocentury qui s'est créée avec le puissant soutien de l'Etat chinois et qui a des accords avec des entreprises en Inde et au Vietnam pour le développement du coton Bt. [2] Mais récemment, 34% des parts de Biocentury ont été achetées par Origin Agritech, une entreprise basée dans les Iles Vierges britanniques qui est en train de rapidement renforcer ses positions sur le marché des semences chinois. [3]

[1] - ETC Group, “Oligopoly, Inc 2005,” 16 Décembre 2005: http://tinyurl.com/yk3smq
[2] - James Keeley, “The biotech developmental state? Investigating the Chinese gene revolution”, IDS Working Paper 207, September 2003: http://tinyurl.com/ybnmbx
[3] – Pour plus d'informations sur Origin Agritech, consultez le blog de GRAIN sur le riz hybride à la date du 23 Janvier 2006: http://www.grain.org/research/?lid=160

Pas de solution miracle

Pour Monsanto et les autres entreprises de pesticides, les cultures Bt sont essentiellement un moyen ingénieux d'étendre leurs profits face à la compétition croissante des producteurs génériques d'insecticides sans brevets. Au lieu de vendre un pesticide chimique que les agriculteurs pulvérisent, Monsanto vend le pesticide via la semence. Et cela présente un autre avantage pour les entreprises: les agriculteurs cultivant des plantes Bt comptent toujours sur les pesticides, et, si les coûts des redevances de la technologie Bt sont facturées avec la semence, ils finissent généralement par dépenser plus pour maîtriser les insectes, ce qui est bon pour les résultats financiers du fabricant de pesticides.

En Inde, où les cultivateurs de coton se sont suicidés ou ont quitté leurs fermes en nombre record pour échapper à la ruine, Monsanto a réalisé plus de 17 millions de dollars de royalties les trois premières années de vente du coton Bt. La situation des agriculteurs était si mauvaise qu'en avril 2006, la Commission des monopoles et des atteintes à la libre concurrence de l'Inde est intervenue pour exiger que Monsanto fasse payer un "prix raisonnable" les semences de coton Bt. Monsanto répondit en abaissant la redevance pour la technologie à 20 roupies, ce qui était insignifiant, et n'avait pas beaucoup d'impact sur les prix des semences de coton Bt, qui ont continué à être vendues par l'entreprise et ses filiales entre 1200 et 1300 roupies le paquet de 450 g. Les gouvernements des états d'Andhra Pradesh, du Tamil Nadu, et du Karnataka ont ensuite intenté une action en justice à la Cour suprême pour demander que le prix des semences de coton Bt soit réduit au moins à 750 roupies le paquet de 450 g. [22] Sous la pression de ces gouvernements et avec les hybrides de coton Bt utilisant la technologie Bt de l'entreprise chinoise Biocentury entrant sur le marché à un prix bien moins cher, Monsanto et ses concessionnaires ont radicalement réduit le prix de leurs semences de coton Bt de plus de 70% à la saison 2006-2007 et se sont lancés à fond dans une guerre de marketing sans merci. Le coton Bt déferla sur l'Inde. Même dans le district de Warangal en Andhra Pradesh, où l'échec du coton Bt dans les premières années a été si bien documenté, la zone plantée en hybrides Bt dépassa 80% de la surface totale de culture du coton. Bien sûr, les mêmes problèmes persistaient, le flétrissement, les insectes secondaires, la résistance du ver de la capsule, les dettes des cultivateurs, mais cette fois-ci à une plus grande échelle. Rien de tout cela n'a beaucoup inquiété Monsanto. L'entreprise avait un marché prêt à accueillir sa prochaine création technologique: son coton Bollgard II, qui sera vendu deux fois le prix.

Dette et dépendance

L'expérience du coton Bt a été particulièrement pénible pour les petits agriculteurs. Avec un prix du coton brut au plus bas, la situation générale des petits cultivateurs de coton dans le sud, c'est la dette et la dépendance. Ils sont donc extrêmement vulnérables aux promesses des technologies étrangères de résoudre les problèmes fondamentaux qu'ils affrontent, qui sont en grande partie politiques. En Afrique du Sud par exemple, le coton Bt a été adopté par les petits agriculteurs des Makhathini Flats du KwaZulu natal, l'une des régions les plus pauvres du pays et le dernier refuge pour la production de coton à petite échelle. Une étude récente sur l'adoption du coton Bt dans la région, basé sur des entretiens approfondis avec les agriculteurs locaux, a écarté les facteurs agronomiques comme l'augmentation de la production ou la réduction de l'utilisation des pesticides comme des facteurs pouvant expliquer l'adoption du coton Bt. Les chercheurs ont trouvé que la plupart des agriculteurs de la région avaient commencé à cultiver le coton Bt en 1998 à cause de l'absence d'alternatives:

"Dans un contexte dans lequel de nombreux agriculteurs se sentaient abandonnés par le département provincial de l'agriculture et par les services techniques du gouvernement et les organismes de crédit, ce n'est qu'à travers le coton que les agriculteurs pouvaient avoir accès aux semences, au crédit et au soutien. Par-dessus tout ça, et de manière répétée dans toutes nos discussions, les agriculteurs des zones arides de la région du Makhathini exprimaient clairement qu'ils avaient peu d'alternatives au coton. L'absence d'alternatives au niveau des cultures se reproduit au niveau de l'achat des semences ou de l'approvisionnement en semences. Les choix sont déjà limités du fait que Cotton South Africa (l'organisation des cultivateurs de coton) proposait une liste restreinte de trois variétés de semences recommandées pour garantir la consistance dans la transformation des fibres.
" Les agriculteurs disent, et cela est confirmé par les employés de l'entreprise du coton de Mahkhathini (MCC), que le coton conventionnel amélioré n'est cultivé nulle part dans les Mahkhathini Flats. Alors que le Delta Opel, une variété améliorée non GM, est en vente dans le point de vente officiel Wenkem situé à côté de l'égreneuse du MCC, elle n'est vendue qu'en quantité de 25 kg, au contraire de la semence de la variété Bollgard TM NuCOTN 37-B qui est commercialisée dans un package 'Ecombi' de 5 kg, une taille idéale pour les petites surfaces qui prédominent dans les Flats. Et ce qui est encore plus prohibitif, l'égreneuse du MCC n'achète que le coton emballé dans les sacs en laine fournis par le MCC. Ces sacs en laine sont distribués aux agriculteurs au début de la saison en fonction de l'information provenant de listes fournies au MCC par Wenkem sur ceux qui ont la licence pour cultiver le coton Bt. Ainsi, le MCC exclut les cultivateurs potentiels de coton non-Bt uniquement en permettant au coton Bt de passer par son égreneuse." [23]

L'introduction du coton Bt dans la région a immédiatement aggravé les problèmes d'endettement des cultivateurs locaux. Les agriculteurs ont acheté les semences à crédit, et en l'espace d'un an, les revenus tirés du Bt étant insuffisants pour que les cultivateurs puissent suivre leur échéancier de remboursements, la banque locale Land Bank a du saisir les biens hypothéqués pour 1447 des 1648 prêts qu'elle avait accordés. La Land Bank a cessé d'accorder des prêts dans le Makhathini en 2004, avec plus de 3 millions de dollars impayés des prêts non remboursés. "Il faut bien comprendre le coton GM comme le dernier maillon d'une longue série d'interventions technocratiques qui ont constamment échoué à transformer le Makhathini en foyer de production de matières premières, mais ont au contraire été guidées par une volonté technocratique de faire du coton une culture de rente lucrative, sans considération pour les conditions locales, les besoins ou l'écologie," conclut le rapport. [24] Le Makhathini fut autrefois la vitrine de l'industrie biotech destinée à montrer comment les manipulations génétiques pouvaient aider les petits agriculteurs.

Afrique de l’Ouest

Si le coton Bt échoue à améliorer les vies des petits cultivateurs dans le Makhathini, il est encore moins probable qu'il pourra aider les cultivateurs d'Afrique de l'Ouest, où l'industrie concentre actuellement toute son attention. Les cultivateurs d'Afrique de l'Ouest ont une longue histoire avec la production de coton et l'un des taux de pesticides utilisés pour le coton les plus bas du monde. Leurs problèmes ne sont pas liés aux variétés qu'ils utilisent. [25] Le problème principal, comme les organisations paysannes de la région ne cessent de le répéter, est la structure du marché mondial et les surplus de production subventionnés aux Etats-Unis et en Europe. La dernière chose dont les agriculteurs d'Afrique de l'Ouest ont besoin, c'est d'un nouveau cycle de dépendance qui arriverait s'ils adoptaient les semences chères des puissantes entreprises étrangères. Le coton Bt en Afrique de l'Ouest, comme dans le reste du monde, ne profitera pas aux petits agriculteurs. C'est simplement un moyen par lequel les entreprises peuvent tirer plus de profits à court terme et détourner les gens de poursuivre des méthodes plus prometteuses pour réduire l'utilisation des pesticides. En réalité, seul un changement structurel profond pourrait transformer la culture du coton en culture durable pour les millions de petits paysans qui le produisent chaque année.

[1] V La CV-OGM/BF, “Vulgarisation du coton biologique, le Burkina respecte-t-il le principe de précaution?” Sidwaya (Ouagadougou), 23 November 2006: http://tinyurl.com/t8axl
[2] Communication personnelle de Souleymane Nacro, Directeur du programme GIPD au Burkina Faso, 30 Novembre 2006.
[3] Communication personnelle de Souleymane Coulibaly, Directeur du programme GIPD au Mali, 18 décembre 2006.
[4] R. Ramachandran, “Green signal for Bt-cotton,” (Feu vert pour le coton Bt) Frontline, 18:8, 13–26 April 2002: http://tinyurl.com/w379h
[5] Esha Shah, “Local and Global Elites Join Hands: Development and Diffusion of Bt Cotton Technology in Gujarat,” (Les élites locales et mondiales s'unissent pour le développement et la diffusion de la technologie du coton Bt au Gujarat), Economic and Political Weekly, 22 Octobre 2005: http://tinyurl.com/yxreec
[6] Douglas McGray, “An agricultural mystery in India has set off concerns over a growing underground trade in genetically engineered seeds,” (Un mystère agricole en Inde a déclenché des inquiétudes sur un trafic croissant de semences génétiquement modifiées), IRP, Printemps 2002: http://tinyurl.com/y48gjk
[7] T.V. Padma, “Indian GM research ‘lacks focus and transparency’,” (La recherché indienne sur les plantes GM manque de cohérence et de transparence) SciDev.Net, 22 Juin 2005: http://tinyurl.com/y6ozmt
[8] Greenpeace Inde et le Centre pour une agriculture durable (Centre for Sustainable Agriculture), “Marketing of Bt Cotton in India – Aggressive, Unscrupulous and False” (Le marketing du coton Bt en Inde, agressif, sans scrupules et mensonger), Septembre 2005: http://tinyurl.com/yxsbhb; et Ashok Sharma, “It’s a blind run for Bt cotton hybrids,” (La course aveugle vers les hybrides de coton Bt) Financial Express, 5 Juin 2006: http://tinyurl.com/yxa3nv
[9] Rapports sur les résultats du coton Bt: http://tinyurl.com/y7anj8
[10] Deux études de Abdul Qayum et Kiran Sakkhari, “Did Bt cotton fail AP again in 2003–2004? A season-long study of Bt Cotton in Andhra Pradesh” (AP Coalition In Defence of Diversity, 2003); “False hopes, festering failures: Bt cotton in Andhra Pradesh 2005–2006” (AP Coalition In Defence of Diversity, 2006) disponibles sur le site: http://www.grain.org/research/btcotton.cfm?links
[11] Communiqué de presse de la Coalition d'Andhra Pradesh pour la défense de la diversité (AP Coalition In Defence of Diversity), 8 Septembre 2006: http://tinyurl.com/ymtwb5
[|2] “A hundred farm suicides a month in Vidarbha” (Une centaine de suicides par mois à Vidarbha), RxPG News Service, 29 Novembre 2006: http://tinyurl.com/ynywrg
[13] Kalyan Ray, “Bt cotton bubble set to burst,” (La bulle du coton B t commence à exploser) Deccan Herald, 14 Novembre 2006: http://tinyurl.com/ylejmn
[14] “Bt cotton bubble set to burst” (La bulle du coton Bt commence à exploser), Deccan Herald, 14 Novembre 2006: http://tinyurl.com/yamxu5
[15] Tan Cheng Li, “Farmer’s bane,” (Le fléau qui empoisonne les agriculteurs), The Star, Malaysia, 2 Mars 2004: http://tinyurl.com/w4o3l; et Pennapa Hongthong, “GMO Crops: A Cautionary Tale,” Les cultures GM, un récit édifiant), The Nation (Jakarta), 27 Septembre 2004: http://tinyurl.com/yg85pd
[16] Shenghui Wang, David R. Just, et Per Pinstrup-Andersen, “Tarnishing Silver Bullets: Bt Technology Adoption, Bounded Rationality and the Outbreak of Secondary Pest Infestations in China,” Selected Paper prepared for presentation at the American Agricultural Economics Association Annual Meeting Long Beach, CA, (L'adoption de la technologie Bt, une rationalité limitée, et le déclenchement d'infestations par des insectes secondaires en Chine", choix d'articles préparés pour être présentés à la réunion annuelle de l'Association américaine des économies agricoles) 22–26 July 2006.
[17] Paul L. Hollis, “Stink bugs continue to dominate in Southeast cotton,” (Les punaises continuent de dominer le coton du Sud-Est), Southeast Farm Press, 13 Mars 2006.
[18] Bruce Bond: High Cotton Winner (Bruce Bond, le grand gagnant du coton) (Elton Robinson, Delta Farm Press, Janvier 2005): http://tinyurl.com/y9a97g
[19] Pat Ivey, “Farmers lash out at ‘half truths’”, (Les agriculteurs s'en prennent violemment aux demi vérités) Blytheville Courier News, 30 Juillet 2004: http://tinyurl.com/y3nlx4
[20] Paul L. Hollis, “Stink bugs continue to dominate in Southeast cotton,” (Les punaises continuent de dominer le coton du Sud-Est), Southeast Farm Press, 13 Mars 2006.
[21] K.V. Kurmanath, “AP puts on hold nod for sale of Bollgard-II,” (L'Andhra Pradesh suspend l'autorisation de la vente du Bollgard II) The Hindu, 8 Novembre 2006: http://tinyurl.com/yzwemd
[22] “Andhra Pradesh files case against Bt cotton in MRTPC,” (L'Andhra Pradesh intente un procès contre le coton Bt au MRTPC) WebIndia 123, 2 Janvier 2006: grain.org/bio-ipr/?id=462
[23] Harald Witt, Rajeev Patel et Matthew Schnurr, “Can the Poor Help GM Crops? Technology, Representation and Cotton in the Makhathini Flats, South Africa,”(Les pauvres peuvent-ils aider les cultures GM? Technologie, représentation et coton dans les Makhathini Flats), Review of African Political Economy (109), 2006, pp. 497–513.
[24] Ibid.
[25] GRAIN, “GM cotton set to invade West Africa: Time to act!” (Le coton Bt prêt à envahir l'Afrique de l'Ouest: il est temps d'agir!)Juin 2004. grain.org/briefings/?id=184
Source de l’article: http://www.grain.org/seedling/?id=475